Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

« Nous exprimons notre colère face à ce système de récompenses littéraires dont le fonctionnement, propre à la France, ne nous semble pas du tout à même de refléter la richesse et la diversité de la littérature qui s’écrit aujourd’hui », déclarent ces autrices.

Annie Ernaux, l’une des 200 autrices de la tribune à « Libération », au Festival de Cannes (Alpes-Maritimes), le 17 mai 2026.

Plus de 200 écrivaines, dont Annie Ernaux, Virginie Despentes et Anne Godard, ont dénoncé vendredi 6 novembre, dans une tribune publiée sur le site de Libération, le « sexisme » des cinq principaux prix littéraires qui ont tous récompensé des hommes.

« Nous exprimons notre colère face à ce système de récompenses littéraires dont le fonctionnement, propre à la France, ne nous semble pas du tout à même de refléter la richesse et la diversité de la littérature qui s’écrit aujourd’hui », déclarent ces autrices.

Leur tribune est publiée quelques jours après l’annonce des cinq grands prix de la rentrée littéraire : le Goncourt a récompensé Philippe Jaenada, le Renaudot François-Henri Désérable, le Femina Yannick Haenel, le Médicis Philippe Vasset et le Grand Prix de l’Académie française Sébastien Lapaque.

« Les jurys ont accompli l’exploit héroïque de ne récompenser que des hommes. D’autant plus héroïque qu’il s’agissait d’une rentrée littéraire qui avait été qualifiée d’ouverte » et « qu’il y avait de très nombreux beaux et importants textes écrits par des femmes, salués par la critique, défendus par les libraires et les lecteurs », affirme la tribune.

« Le vieux système de l’entre-soi patriarcal »

Certaines de ces autrices ont obtenu des prix moins connus, comme le prix Décembre pour Anne Godard et le prix de Flore pour Lucie Rico, tandis que le Femina étranger a été décerné à l’Américaine Laura Kasischke.

Pour les autrices signataires, « le vieux système de l’entre-soi patriarcal fonctionne à plein, et d’autant plus efficacement que les membres des jurys de ces “grands prix” sont désignés par cooptation et siègent, pour la plupart, à vie ».

Selon elles, « il faut aussi voir derrière la réticence des jurys à primer des femmes une forme de mise à distance de textes (…) qui élèvent à la dignité littéraire tous ces sujets “féminins” qui font horreur », à l’instar de l’inceste, sujet de plusieurs livres de la rentrée.

Les autrices appellent à la mise en place de « jurys tournants et paritaires, représentant une vraie diversité éditoriale ». Initiée notamment par la philosophe Camille Froidevaux-Metterie et les écrivaines Louise Chennevière et Anne Godard, la tribune a aussi été signée par Anne Berest, Adèle Yon, Emma Marsantes ou Nadia Daam.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira