Après le spectaculaire cyberattaque subie par la plateforme Binance, une partie de ses clients va pouvoir recommencer à effectuer des retraits, a annoncé l'entreprise dimancher 1er novembre.
"La première série de retraits [...] est désormais ouverte sur le réseau bitcoin", a indiqué la société sur son compte officiel X.
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La plateforme, qui a subi jeudi 29 octobre un braquage massif de 5,6 milliards d'euros, avait suspendu les retraits de ses clients pour stopper l'hémorragie.
"Les fonds des utilisateurs sont en sécurité. Binance assumera l'impact financier des fonds volés, et non nos utilisateurs", a promis Binance. Lors de leurs opérations de retrait, "les utilisateurs peuvent subir des retards temporaires ou des temps de traitement plus longs en raison du volume de trafic", a-t-elle cependant mis en garde.
Binance, qui s'emploie à retracer les actifs dérobés avec l'aide d'autres acteurs de l'écosystème des cryptomonnaies, a dit acheter des actifs correspondant à ceux qui ont été siphonnés et a affirmé samedi avoir ainsi reconstitué "90 %" du montant dérobé, tout en s'efforçant de collecter les 10 % restants, des actifs "moins liquides", selon elle.
Des pirates informatiques nord-coréens
La police fédérale américaine (FBI) affirme avoir identifié, derrière ce vol sans précédent, le groupe de pirates informatiques nord-coréens connu sous le nom de TraderTraitor, et constaté que les voleurs étaient en train de convertir les fonds détournés en Ether, la cryptomonnaie du réseau Ethereum.
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"Il est prévu que ces actifs soient ensuite davantage blanchis au moyen de conversions via des services DeFi et d'échanges instantanés, afin de les préparer pour d'autres étapes de blanchiment", a expliqué le FBI dans un communiqué.
Les DeFi (finance décentralisée) sont des services financiers fonctionnant sur la blockchain. Quant aux échanges instantanés, ils permettent de convertir rapidement une cryptomonnaie en une autre sans passer par une banque ou un intermédiaire traditionnel.
Le FBI a publié une liste d'environ 500 adresses Ethereum "que les acteurs de TraderTraitor sont en train d'utiliser pour blanchir ces actifs volés", et demandé aux plateformes de cryptomonnaies, services DeFi et sociétés d'analyse blockchain de bloquer les transactions liées à ces adresses.
Le président américain Donald Trump, qui se vante régulièrement d'entretenir de bonnes relations personnelles avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a émis des doutes quant à l'implication de Pyongyang.
"Je ne suis pas inquiet. Nous sommes en train d'en apprendre davantage. Nous ne savons pas si c'est la Corée du Nord", a-t-il déclaré à des journalistes dans sa résidence en Floride tard samedi soir.
Le "Bureau 121" nord-coréen
Le montant dérobé représente quatre fois celui que TraderTraitor avait siphonné, d'après le FBI, sur la plateforme ByBit en février 2025, soit 1,5 milliard de dollars, à l'époque le vol le plus important en cryptomonnaies.
L'ampleur du piratage de Binance a mis en lumière la capacité de la Corée du Nord, frappée de lourdes sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaire et de missiles balistiques, à se procurer des revenus de façon illicite.
Le groupe TraderTraitor est considéré comme faisant partie du groupe Lazarus, lui-même affilié aux services de renseignement nord-coréens. Lazarus s'était fait connaître en 2014 quand il avait été accusé d'avoir piraté les studios Sony Pictures Entertainment en représailles au film satirique sur la Corée du Nord "L'Interview qui tue!"
Selon un rapport de l'armée américaine en 2020, l'unité nord-coréenne de cyberguerre, le "Bureau 121", compte 6 000 employés qui opèrent aussi à partir de l'étranger, notamment du Bélarus, de Chine, d'Inde, de Malaisie ou de Russie.
L'attaque contre Binance intervient alors que de nombreux observateurs expriment leurs inquiétudes quant au fait que les capacités toujours plus étendues des modèles d’intelligence artificielle pourraient compromettre la cryptographie et les protocoles de sécurité informatique.
Avec AFP
Source: France 24 · FRANCE 24
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