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La plateforme mondiale a annoncé, dimanche, avoir ouvert « la première série de retraits » à ses utilisateurs, procédant « par étapes » après le plus grand vol de cryptomonnaies jamais enregistré, pour lequel la police fédérale américaine accuse des pirates informatiques nord-coréens.
La première plateforme d’échange de cryptomonnaies, Binance, a annoncé, dimanche 1er novembre, la reprise progressive des retraits après un piratage record de 6,3 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros), commis selon le Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) par la Corée du Nord.
« La première série de retraits (…) est désormais ouverte sur le réseau Bitcoin », a écrit la société sur son compte du réseau social X. Précédemment, l’entreprise avait déjà expliqué, toujours sur la même plateforme, qu’elle se préparait à reprendre la première phase des retraits entre 7 heures et 10 heures (heures de France métropolitaine).
« Nous adoptons une approche par étapes en donnant la priorité aux jetons sur la base des données de demande des utilisateurs de la semaine écoulée, afin que chaque paire réseau-actif puisse être rétablie avec prudence, une fois les contrôles de stabilité et de sécurité effectués avant la réouverture de l’accès », avait-elle alors détaillé, après avoir suspendu les retraits de ses clients pour stopper l’hémorragie.
« Les fonds des utilisateurs sont en sécurité. Binance assumera l’impact financier des fonds volés, et non nos utilisateurs », a promis la plateforme mondiale. Lors de leurs opérations de retrait, « les utilisateurs peuvent subir des retards temporaires ou des temps de traitement plus longs en raison du volume de trafic », a-t-elle cependant mis en garde.
Le FBI cible des pirates nord-coréens
Les enquêteurs américains affirment avoir identifié, derrière ce vol sans précédent, le groupe de pirates informatiques nord-coréens connu sous le nom de TraderTraitor, et constaté que les voleurs étaient en train de convertir les fonds détournés en ether, la cryptomonnaie du réseau Ethereum. « Il est prévu que ces actifs soient ensuite davantage blanchis », a ajouté le FBI, par le biais notamment des « échanges instantanés », qui permettent de convertir rapidement une cryptomonnaie en une autre sans passer par une banque ou un intermédiaire traditionnel.
« La République populaire démocratique de Corée [Corée du Nord] est responsable du vol de plus de 6 milliards de dollars américains en actifs virtuels auprès de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Binance, aux alentours du 29 octobre 2026 », a écrit le FBI dans un communiqué.
La police fédérale a publié une liste d’environ 500 adresses Ethereum « que les acteurs de TraiderTraitor sont en train d’utiliser pour blanchir ces actifs volés », et a demandé notamment aux plateformes de cryptomonnaies et aux services DeFi (pour « Decentralized Finance », « finance décentralisée ») de bloquer les transactions liées à ces adresses.
Le président américain, Donald Trump, qui se vante régulièrement d’entretenir de bonnes relations personnelles avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a toutefois émis des doutes quant à l’implication de Pyongyang. « Je ne suis pas inquiet. Nous sommes en train d’en apprendre davantage. Nous ne savons pas si c’est la Corée du Nord », a-t-il déclaré à des journalistes dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, samedi soir.
Le montant dérobé représente quatre fois celui que ce même groupe avait siphonné, d’après le FBI, sur la plateforme Bybit en février 2025, soit 1,5 milliard de dollars, à l’époque le vol le plus important en cryptomonnaies.
Aucun client lésé, assure Binance
Ces piratages ont mis en lumière la capacité de la Corée du Nord, frappée de lourdes sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaire et de missiles balistiques, à se procurer des revenus de façon illicite. Le groupe TraderTraitor est considéré comme faisant partie du groupe Lazarus, lui-même affilié aux services de renseignement nord-coréens. Lazarus s’était fait connaître en 2014 quand il a été accusé d’avoir piraté les studios Sony Pictures Entertainment en représailles au film satirique sur la Corée du Nord intitulé L’Interview qui tue !
Selon un rapport de l’armée américaine en 2020, l’unité nord-coréenne de cyberguerre, le « Bureau 121 », compte 6 000 employés opérant aussi à partir de l’étranger, notamment de Biélorussie, de Chine, d’Inde, de Malaisie ou de Russie. Numéro un mondial en volume d’échanges de devises numériques, Binance revendique 335 millions d’utilisateurs, tandis que le site Crypto.com estimait à plus de 700 millions le nombre de propriétaires de cryptomonnaies dans le monde, dans un rapport publié en début d’année.
Le groupe avait déclaré, dès samedi, que ses clients devaient pouvoir recommencer, dimanche 1er novembre, à effectuer des retraits, suspendus depuis le vol pour stopper l’hémorragie. Binance, qui s’emploie à retracer les actifs dérobés avec l’aide d’autres acteurs de l’écosystème des cryptomonnaies, a assuré qu’aucun de ses clients ne serait lésé. Elle a affirmé acheter des actifs correspondant à ceux qui ont été siphonnés et a précisé samedi avoir ainsi reconstitué « 90 % » du montant dérobé, tout en s’efforçant de collecter les 10 % restants, des actifs « moins liquides », selon elle.
L’attaque contre Binance intervient alors que de nombreux observateurs expriment leurs inquiétudes quant au fait que les capacités toujours plus étendues des modèles d’intelligence artificielle pourraient compromettre la cryptographie et les protocoles de sécurité informatique.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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