La justice péruvienne a classé, mardi 27 octobre, l'affaire portant sur la stérilisation forcée de milliers de femmes autochtones sous la présidence d'Alberto Fujimori, père de l'actuelle présidente Keiko Fujimori. Dans les années 1990, près de 300 000 personnes, en grande majorité des femmes issues des régions les plus pauvres des Andes et de l'Amazonie, ont été victimes de ces pratiques. Cette décision, qui s'appuie sur une loi adoptée en 2024, constitue un nouveau coup dur pour les victimes, qui réclament justice depuis des années.

Publié le : 29/10/2026 - 05:01

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Avec notre correspondant à Lima, Martin Chabal

En larmes, Dionicia Calderon raconte le moment où elle a appris que sa plainte venait d'être abandonnée par la justice péruvienne. Stérilisée de force sous la présidence d'Alberto Fujimori, elle se bat depuis des années pour obtenir justice. « Hier matin, à 8 heures, j'ai appris la nouvelle. Ça a été une douche froide... Tant d'années de lutte, pour en arriver là », déplore-t-elle.

Dans les années 1990, sous le gouvernement d'Alberto Fujimori (président de 1990 à 2000), près de 300 000 personnes ont été stérilisées de force, en grande majorité des femmes vivant dans les régions les plus pauvres du pays, originaires des Andes et de l'Amazonie. L'ancien président péruvien est mort en 2024 sans jamais avoir été jugé pour ces faits.

Pour justifier le classement de l'affaire, le parquet invoque une loi de 2024, portée par Fuerza Popular, le parti de Keiko Fujimori, fille de l'ancien chef de l'État et actuelle présidente du Pérou. Cette loi interdit de poursuivre les crimes contre l'humanité commis avant 2002, ce qui inclut les faits survenus sous la présidence de son père.

La colère des victimes

Maribel Meza, elle aussi stérilisée de force, affirme qu'elle redoutait une telle décision depuis l'arrivée de Keiko Fujimori au pouvoir. « On savait déjà que si elle arrivait au pouvoir, toute cette affaire allait disparaître, ou se perdre. Dans toutes ses interviews, elle nie. "Mon père leur a rendu ce service", c'est toujours comme ça qu'elle parle de nous », dénonce-t-elle.

Cette Péruvienne reproche également à la présidente de ne pas écouter les victimes : « Keiko Fujimori, c'est une femme comme nous. Et si ça lui était arrivé à elle ? Elle-même se serait battue. Elle aurait réclamé ses droits comme nous. »

Pour les victimes, le classement du dossier représente un important retour en arrière. En mars 2026, la Cour interaméricaine des droits de l'homme avait pourtant jugé le Pérou responsable de stérilisations forcées et ordonné l'ouverture d'enquêtes.

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Source: RFI

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