Les préfectures n'ont autorisé qu'un des deux parcours demandés samedi à Paris, et interdit tout rassemblement à Lyon ou encore dans le centre-ville de Nice. Une politique soutenue par Emmanuel Macron. Jeudi, la justice a cependant retoqué l'interdiction d'un cortège étudiant le jour même la capitale.

France Télévisions

Publié le 22/10/2026 15:53 Mis à jour le 22/10/2026 18:46

Temps de lecture : 4min

Des manifestants le 17 octobre 2026 sur la place des Terreaux, à Lyon, où les manifestations ont été interdites en vue du 24 octobre. (JOËL PHILIPPON / LE PROGRES / MAXPPP)
Des manifestants le 17 octobre 2026 sur la place des Terreaux, à Lyon, où les manifestations ont été interdites en vue du 24 octobre. (JOËL PHILIPPON / LE PROGRES / MAXPPP)

Emmanuel Macron a été clair, dans une prise de parole jeudi 22 octobre : "La recommandation générale, c'est pas de manifestations dans les jours à venir." Après les affrontements et les pillages qui ont émaillé le mouvement du 17 octobre dans plusieurs villes, les conditions se durcissent en vue des nouveaux appels à la mobilisation sociale, notamment à l'échelle nationale samedi. Plusieurs préfets ont pris des arrêtés limitant ou interdisant les rassemblements en cette fin de semaine.

A l'issue d'un conseil de sécurité à l'Elysée, jeudi matin, Emmanuel Macron a présenté une nouvelle "doctrine" arrêtée pour les prochains jours, selon laquelle seules les manifestations organisées à la demande des syndicats pourront être autorisées, tandis que celles demandées "par des gens qui n'ont aucune légitimité pour le faire (…) seront interdites par les préfets". Les cortèges jugés légitimes se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger "nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments", a ajouté le président de la République.

Mercredi, la préfecture de police de Paris avait déjà décrété l'interdiction de "tout rassemblement non déclaré dans certains secteurs" de la capitale pour la journée de jeudi, de 8 heures à 20 heures, en complément du couvre-feu partiel en vigueur depuis lundi. Les zones concernées, détaillées dans un arrêté et en bleu sur la carte ci-dessous, incluent un large périmètre autour de l'Elysée et des Champs-Elysées, les abords d'autres institutions et les six principales gares de la capitale.

Plusieurs secteurs de Paris sont concernés par une interdiction de tout rassemblement non autorisé par la préfecture, le 22 octobre 2026. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)
Plusieurs secteurs de Paris sont concernés par une interdiction de tout rassemblement non autorisé par la préfecture, le 22 octobre 2026. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

La préfecture de police avait également interdit une manifestation prévue jeudi après-midi à l'appel de l'Interfac Ile-de-France, qui regroupe des étudiants d'assemblées générales d'universités. Mais jeudi, le tribunal administratif a annulé cette décision, permettant au rassemblement d'avoir lieu en début d'après-midi.

Mais c'est avant tout la journée de samedi qui est scrutée, alors que des organisateurs appellent à en faire un "acte 2" du mouvement du 17 octobre. A Paris, la préfecture de police a autorisé une manifestation à l'appel de la CGT entre Bastille et Nation, mais a interdit un autre cortège, déclaré par Interfac et des gilets jaunes, entre Bastille et Opéra.

Le préfet des Bouches-du-Rhône a pour sa part annoncé l'interdiction de toutes les manifestations dans le département, notamment à Marseille, samedi, "y compris celles portant sur d'autres sujets que le pouvoir d'achat". La préfecture a également déclaré que les transports publics seraient suspendus dès 5 heures samedi et jusqu'au lendemain, 5 heures. Toute l'agglomération marseillaise est affectée, en direction des zones commerciales périphériques (Plan-de-Campagne, Vitrolles, Aubagne, Miramas). Les transports seront aussi interrompus entre Aix-en-Provence et Marseille, dans les deux sens, entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence dans les deux sens et entre Marseille et Salon-de-Provence.

Le couvre-feu dans certaines zones du département évolue pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi. Il concerne désormais également les personnes majeures dès samedi 23 heures, souligné la préfecture. Le couvre-feu sera effectif entre 23 heures et 5 heures du matin. Le périmètre du couvre-feu sera communiqué vendredi, a-t-elle précisé. A Marseille, il est redimensionné : il va toucher les "bâtiments publics et institutionnels (mairie, préfecture, palais de justice...), compte tenu des dégradations constatées sur certains de ces sites".

A Lyon, "le préfet a pris la décision d'interdire par arrêtés toute manifestation dans la ville" samedi, a communiqué la préfecture du Rhône, sans autre précision à ce stade. La troisième ville de France avait vu 150 et 200 commerces pillés totalement ou partiellement le 17 octobre, tandis que 20 000 manifestants avaient défilé selon la préfecture.

A Nice, la préfecture des Alpes-Maritimes a interdit "tous les regroupements, cortèges et manifestations" dans le centre-ville. A Rouen et au Havre, la préfecture de Seine-Maritime a interdit par arrêtés "tout rassemblement dans certains secteurs", samedi de 9 heures à 20 heures.

La préfecture a interdit tout rassemblement dans plusieurs secteurs du Havre pour le 24 octobre 2026. (PREFECTURE DU HAVRE)
La préfecture a interdit tout rassemblement dans plusieurs secteurs du Havre pour le 24 octobre 2026. (PREFECTURE DU HAVRE)

Les "manifestations, cortèges, défilés et rassemblements à caractère revendicatif sur la voie publique", qu'ils soient déclarés ou pas, seront également interdits dans une partie du centre-ville de Toulon, samedi de 11 heures à minuit, d'après un arrêté de la préfecture du Var.

La préfecture a interdit les manifestations le 24 octobre 2026 dans une partie du centre-ville de Toulon, comme dans plusieurs villes en France. (PREFECTURE DU VAR)
La préfecture a interdit les manifestations le 24 octobre 2026 dans une partie du centre-ville de Toulon, comme dans plusieurs villes en France. (PREFECTURE DU VAR)

Certaines préfectures ont également prononcé l'interdiction de manifestations spécifiques. C'est le cas à Metz (Moselle), où un rassemblement à l'appel du syndicat étudiant Unef Lorraine a été interdit par arrêté. En Ille-et-Vilaine, la préfecture a signalé sur X l'interdiction d'un rassemblement non déclaré à Rennes, après avoir constaté la diffusion d'appels à manifester "sur les réseaux sociaux".

A Orléans (Loiret), la grande manifestation d'opposants au Rassemblement national organisée en marge du congrès du parti samedi, à l'appel d'un collectif de plus de 70 associations, organisations syndicales et politiques, a été autorisée par le préfet, qui dit s'attendre à "20 000 à 30 000" opposants venus "de toute la France". En revanche, une autre manifestation qui devait se tenir dimanche à l'appel du syndicat départemental Sud-PTT du Loiret, a été interdite car "de nature à troubler gravement l'ordre public", selon l'arrêté préfectoral.

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