Par Le Figaro avec AFP

Publié le 08/11/2026 à 09h44

Au début, on se disait «Dieu merci, l’industrie arrive» à Batam, confie à l’AFP Juniardi Adinda Sembiring Gurukinayan. ANDARU / AFP

Le ressentiment monte en Indonésie et en Malaisie, en particulier dans les régions frontalières de Singapour, considérées comme des sites privilégiés pour de nouvelles infrastructures technologiques en Asie du Sud-Est.

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La course effrénée à l’IA se paye cher dans certains pays. Cuisiner ou se laver est devenu difficile quand l'eau courante a été coupée à Batam, une île indonésienne où des centres de données poussent comme des champignons pour alimenter le boom mondial de l'intelligence artificielle (IA). La zone, proche de Singapour, a subi une «longue sécheresse» due à une faible pluviométrie, a déclaré à l'AFP l'opérateur local de distribution d'eau, alors qu'un cycle El Niño intense aggrave la situation. Comme dans d'autres pays, la colère s'est tournée vers les «datacenters», qui poussent comme des champignons dans la région. Dans ces installations semblables à des entrepôts qui font fonctionner en permanence les applications et les outils d'intelligence artificielle, l'eau est utilisée pour refroidir les serveurs.

Le ressentiment monte en Indonésie et en Malaisie, en particulier dans les régions frontalières de Singapour, considérées comme des sites privilégiés pour de nouvelles infrastructures technologiques en Asie du Sud-Est. Au début, on se disait «Dieu merci, l'industrie arrive» à Batam, confie à l'AFP Juniardi Adinda Sembiring Gurukinayan, un commerçant de 54 ans. Mais de graves coupures d'eau dans certaines localités de Batam ont fait que «parfois, je me passais de douche», ajoute-t-il.

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Systèmes d’eau «en circuit fermé»

Au plus fort de la crise, des dizaines de riverains ont manifesté devant le Nongsa Digital Park, un nouveau complexe regroupant des centres de données et d'autres infrastructures, et désigné comme zone économique spéciale. Le niveau d'un réservoir situé près du parc technologique était bas et le système d'approvisionnement a été perturbé par une panne électrique, a expliqué Ginda Alamsyah, porte-parole du service public. Mais le parc technologique est approvisionné en eau depuis une source différente, le réservoir de Duriangkang, a affirmé à l'AFP une source du secteur. Fin septembre, les autorités ont indiqué aux promoteurs qu'ils devaient construire des installations de dessalement d'eau de mer destinées au refroidissement, afin d'éviter de trop solliciter les ressources locales.

Parmi les exploitants de centres de données présents dans le complexe figurent BW Digital, DayOne et Princeton Digital Group, qui ont tous leur siège social à Singapour. Un autre propriétaire, Gaw Capital Partners, basé à Hong Kong, a déclaré être «conscient de la détresse et de la frustration exprimées par les habitants de Nongsa et des communautés environnantes de Batam». Pour garantir des opérations durables, «nos centres de données doivent mettre en œuvre une combinaison d’ingénierie de pointe, de conceptions architecturales efficaces et d’un approvisionnement en énergies renouvelables», a-t-il ajouté. Cela inclut le recours à des systèmes d’eau dits «en circuit fermé», qui réutilisent les ressources et nécessitent donc moins de liquide frais.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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