Publié le 27/10/2026 09:16
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Article rédigé par France 2 - Édité par l'agence 6Medias
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Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, revient ce mardi 27 octobre dans les "4 Vérités" sur les évolutions de Parcoursup, la transparence des critères d'admission et la suppression progressive de la plateforme. Il évoque également les 15 000 places supplémentaires annoncées dans le supérieur et appelle à la reprise des cours dans les lycées et les universités dès lundi, malgré les mobilisations étudiantes.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Francis Letellier : Vous avez annoncé hier que Parcoursup allait être modifié. Première chose, prenons les choses dans l'ordre. La plateforme ouvrira-t-elle bien en temps et en heure, notamment pour les vœux à la mi-janvier ?
Philippe Baptiste : Ah oui, bien sûr. La plateforme ouvre dans un mois pour permettre aux formations de paramétrer Parcoursup. Et puis, évidemment, elle ouvrira. Elle va évoluer profondément dès cette année.
Alors, qu'est-ce qui va changer, concrètement, en janvier ?
En janvier, les lycéens auront une plateforme différente de celle de l'année passée, plus claire, plus simple. Un travail est mené aujourd'hui avec les lycéens pour améliorer l'expérience utilisateur, leur expérience sur la plateforme. Au-delà, la transparence sera renforcée, notamment sur la manière dont chaque jury identifie les candidats qui seront admis à l'université ou dans une formation. Il s'agit donc des algorithmes locaux. C'est aussi, quelque part, le fait que, lorsque vous êtes refusé, vous aurez une explication du refus.
Clairement, Philippe Baptiste, cela se verra dès cette année sur la plateforme ?
Ah oui, bien sûr, beaucoup de choses seront directement visibles. Après, nous n'avons pas parlé uniquement de la plateforme. Nous avons aussi parlé d'un milliard d'euros qui vont arriver, de 15 000 places supplémentaires et de plein d'autres choses.
Bien sûr, mais nous n'allons pas revenir dessus. Il y a une chose que les lycéens demandent beaucoup : supprimer toute mention du lycée d'origine. Est-ce que ce sera le cas cette année ?
Alors, probablement pas cette année. Je suis un tout petit peu prudent, parce que cette question est un peu technique. Si vous supprimez aujourd'hui le lycée d'origine, il faut être capable de savoir comment chaque lycée note. Tous les lycées ne notent pas de la même manière. Il y a des lycées qui notent de manière assez généreuse et d'autres qui sont, au contraire, très, très durs. Nous avons donc besoin d'indicateurs.
L'anonymisation des lycées d'origine, ce ne sera donc pas pour cette année ?
Non, mais nous mettrons tout en place pour que cela se fasse mécaniquement l'année suivante. Au-delà, il y a des évolutions profondes de la plateforme qui dépassent tout ce que j'ai raconté et dit jusqu'ici. Ces évolutions profondes doivent être discutées politiquement. Ce sont des sujets de fond.
Alors, juste une chose : cela signifie quand même que tout lycéen sera assuré, l'année prochaine, d'être inscrit dans une université ?
Ah, mais bien sûr, comme cette année. Il y avait 60 laissés-pour-compte cette année, contre 37 l'année précédente. Les ordres de grandeur sont ceux-là. Cela signifie que nous avons un million de candidats sur la plateforme et, à la fin, quelques dizaines qui ne trouvent pas de solution. Évidemment, il faut continuer à travailler sur ce sujet. C'est pour cela qu'il faut faire évoluer Parcoursup. Mais ma responsabilité première, c'est que tous les lycéens trouvent une place dans l'enseignement supérieur l'an prochain.
Vous disiez encore récemment qu'il était hors de question de supprimer Parcoursup. Là, vous avez dû céder ?
Non, pas du tout. En fait, nous avons fait des propositions d'évolution majeure dès cette année, et nous travaillons sur le remplacement de la plateforme. La suppression de Parcoursup l'année prochaine… Il faut arrêter de prendre les lycéens pour des imbéciles. Nous avons engagé une transformation profonde de la plateforme.
Mais quelle est la différence entre transformation et suppression ?
Philippe Baptiste : Parce qu'en fait, il restera... Quand vous parlez de suppression, cela donne l'impression que, derrière, il n'y aura pas de plateforme. Comment allez-vous faire pour affecter un million de jeunes dans 25 000 formations ? Cela ne va pas se faire d'un coup de baguette magique. Franchement, ceux qui disent cela sont des démagogues. Ils prennent les lycéens pour des imbéciles. Il s'agit de transformer profondément la plateforme et d'organiser son remplacement.
Vous dites que c'est pour 2028. En 2028, vous ne serez peut-être plus ministre de l'Enseignement supérieur, ou probablement pas. Cela signifie que vous n'êtes même pas obligé d'imaginer ce qui va arriver, puisque ce sera pour vos successeurs ?
Non, pas du tout. D'abord, il faut se rendre compte des délais : quand vous faites évoluer une plateforme comme celle-ci, le travail prend presque un an. Cela signifie que nous effectuons des changements dès maintenant pour 2027 et que nous préparons ceux qui seront mis en place en 2028. Mais je voudrais aussi parler d'autres sujets, parce que, pardon, nous parlons de Parcoursup, nous avons l'immobilier, et nous avons aussi des bourses de l'enseignement supérieur qui sont gigantesques. Cela fait donc beaucoup de choses.
Malgré ces annonces, les syndicats étudiants appellent à poursuivre le mouvement. Est-ce que cela signifie que vous vous attendez à de nouveaux blocages dans les lycées ou les universités lundi ?
Je rappelle déjà que nous avons effectivement un droit à manifester, un droit à ne pas être d'accord. C'est évidemment tout à fait normal. En revanche, le droit au blocage n'existe pas. Et je pense qu'il y a aussi un droit à étudier.
Pour la rentrée de lundi, vous mettez en garde ?
Non, je ne mets pas en garde. Je dis simplement que, maintenant, je veux que tout le monde se remette au travail. Des lycéens sont arrivés à l'université il y a quelques mois, ils ont eu quatre semaines de cours et tout s'est arrêté. Ce n'est pas possible. Il faut donc maintenant reprendre le travail. Cela ne signifie pas que les négociations s'arrêtent là. Le Premier ministre a posé sur la table un certain nombre de propositions concernant Parcoursup.
Mais vous demandez que le travail reprenne dans les universités ?
Ces propositions servent de point de départ. Par exemple, nous avons annoncé 15 000 places supplémentaires. Mais je pense qu'il faut travailler de manière pluriannuelle. Nous devons être capables de le faire. Cela signifie qu'il faut peut-être construire une trajectoire sur plusieurs années.
Mais votre message, ce matin, c'est que le travail doit reprendre lundi ?
Bien sûr. Le travail doit reprendre lundi, et les discussions avec les organisations syndicales, ainsi qu'avec les organisations représentatives des étudiants et des lycéens, doivent continuer.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
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Source: Franceinfo · France 2
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