Le scrutin du 27 octobre n'a pas permis de dégager une majorité au Parlement israélien. Gadi Eisenkot, figure du bloc d'opposition au Premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou, a été choisi pour former le prochain gouvernement israélien.

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Publié le 08/11/2026 07:16

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Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, le 28 octobre 2026 à Tel-Aviv (Israël). (JACK GUEZ / AFP)
Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, le 28 octobre 2026 à Tel-Aviv (Israël). (JACK GUEZ / AFP)

L'alternance politique à la tête de l'Etat hébreu aura-t-elle lieu ? Le président israélien, Isaac Herzog, a officiellement chargé, samedi 7 novembre, Gadi Eisenkot, de former le prochain gouvernement israélien. Les élections législatives du 27 octobre qui n'ayant pas permis de dégager ni vainqueur ni majorité clairs.

Cet ancien chef d'état-major sera-t-il le prochain dirigeant d'Israël, et avec quelle coalition derrière lui ? Franceinfo fait le point sur les récentes tractations politiques à Tel-Aviv.

L'opposition appelle à un "gouvernement d'urgence nationale" de la gauche à la droite

Gadi Eisenkot a évoqué vendredi des "progrès importants" dans les négociations en cours. "De nombreuses rencontres ont eu lieu, certaines rendues publiques, d'autres non. Certaines se sont tenues il y a quelques heures à peine (...) Nous avons réalisé des progrès importants et obtenu des avancées décisives", a-t-il déclaré sur X.

Des dirigeants du "bloc du changement", qui soutiennent sa candidature, se sont retrouvés mardi pour la première fois depuis le scrutin. Ils ont affirmé leur volonté commune de remplacer le pouvoir sortant – une alliance entre la droite et l'extrême droite – par un "gouvernement d'urgence nationale", sans toutefois préciser comment. Les composantes de ce bloc central ont également "réaffirmé leur engagement total à respecter la décision des électeurs israéliens, qui ont voté clairement et résolument pour le changement et contre la poursuite du mandat du gouvernement actuel".

Le camp de l'opposition réunit pour l'heure un vaste éventail de partis, de la gauche à la droite nationaliste israélienne. Au-delà de sa formation politique, Yashar, Gadi Eisenkot a le soutien des Démocrates de Yaïr Golan, du parti Ensemble de Naftali Bennett ou encore d'Israël Beitenou, force politique d'Avigdor Liberman, détaille Haaretz. Mais à ce stade, le "bloc du changement", qui a proposé mardi la mise en place d'un "gouvernement sioniste", semble écarter tout potentiel accord avec les partis arabes israéliens.

Une division face au soutien des partis arabes israéliens

La possible alliance entre le bloc d'opposition et les partis arabes reste un élément central des tractations, puisqu'elle permettrait au camp Eisenkot de bâtir une majorité à la Knesset. Deux formations arabes israéliennes, la Liste unifiée et Raam (ou "Liste arabe unie"), ont obtenu ensemble 19 sièges au Parlement israélien, ce qui constitue une véritable percée lors de ces élections législatives. Ces derniers jours, elles ont chacune confirmé leur soutien à Gadi Eisenkot pour qu'il forme le prochain gouvernement.

"Le groupe parlementaire de la Liste arabe unie a décidé de recommander Gadi Eisenkot pour former le prochain gouvernement", a ainsi déclaré Raam dans un communiqué mercredi. "Nous tendons la main pour soutenir les efforts" du leader de l'opposition, et "nous ferons ce que nous pourrons pour écarter le gouvernement de Benyamin Nétanyahou", a également déclaré le chef du parti, Mansour Abbas. Jeudi, la Liste unifiée a annoncé à son tour qu'elle recommandait l'ancien chef d'état-major pour la constitution d'une nouvelle coalition. Une réponse à la "demande populaire visant à empêcher le retour au pouvoir de Nétanyahou et de son gouvernement", a-t-elle souligné.

Mais le soutien de ces forces politiques, même indirect, est "fermement" rejeté par l'un des visages du bloc d'opposition, le nationaliste Avigdor Liberman, ancien ministre de plusieurs gouvernements Nétanyahou entre 2009 et 2018. Le leader du parti Israël Beitenou a en revanche levé son veto à une possible alliance avec des formations ultra-orthodoxes, se disant prêt à des "compromis", notamment au sujet de la conscription. Le contexte actuel implique la prise de "décisions difficiles", a-t-il déclaré, selon Times of Israel. Deux partis ultra-orthodoxes, Shas et Judaïsme unifié de la Torah (JUT), disposent ensemble de 13 sièges à la Knesset, ce qui, en cas d'accord, permettrait à Gadi Eisenkot de bénéficier d'une très courte majorité.

Benyamin Nétanyahou poursuit les attaques et accusations d'ingérence

Le parti Judaïsme unifié de la Torah a déclaré jeudi qu'il ne recommanderait pas Benyamin Nétanyahou pour la formation d'un nouveau gouvernement à l'issue des élections. "Notre mission principale est de garantir le statut des étudiants de la Torah, par la législation et sans sanctions", a déclaré le chef du parti, Yitzhak Goldknopf, cité par Haaretz. Une manière de marquer son opposition à la conscription des étudiants religieux, sujet de tensions, alors que l'armée israélienne est mobilisée sur de multiples fronts, de la bande de Gaza au Sud-Liban en passant par la Cisjordanie occupée. Cette annonce est un désaveu pour le chef du gouvernement sortant, qui bénéficie d'habitude du soutien de ce parti ultra-orthodoxe.

Benyamin Nétanyahou s'est, lui, dit "ouvert au dialogue" dans ces pourparlers pour une nouvelle coalition. Il s'acharne néanmoins sur les formations arabes israéliennes, les accusant d'être des "soutiens du terrorisme" souhaitant "islamiser Israël". D'après son camp, ces partis ont acheté des voix avec de l'argent du Qatar. Des accusations sans aucune preuve à ce stade, et largement rejetées par les intéressés.

Mercredi, l'actuel chef du gouvernement a encore affirmé qu'"il existe de graves soupçons selon lesquels des Etats étrangers auraient engagé des sommes considérables, pour influencer les résultats des élections en Israël". La Commission électorale a pourtant affirmé avoir procédé à des vérifications poussées, qui n'ont révélé "aucune irrégularité ou preuve indiquant que l'intégrité des élections a été compromise ou que les résultats ont été altérés".

Avec 46 élus (et non 53 sans le soutien et les sept sièges de JUT), le camp Nétanyahou est toujours en quête d'alliances. D'après Haaretz, la ministre des Transports, Miri Regev, du parti Likoud de Benyamin Nétanyahou, a proposé des discussions avec plusieurs visages du bloc d'opposition. Le ministre de l'Education, Yoav Kisch, a quant à lui suggéré un gouvernement d'unité autour de partis sionistes.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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