Les cinq principales puissances militaires européennes de l'Otan ont affiché lundi 26 octobre leur volonté d'assumer "une responsabilité accrue" politique et militaire au sein de l'Alliance atlantique, tout en soulignant le caractère indispensable du soutien américain.

"Nous, ministres de la Défense de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni (le Groupe des Cinq/E5), partageons une conviction profonde : l'Europe doit assumer une plus grande part de responsabilité pour sa propre sécurité", soulignent dans une déclaration conjointe Catherine Vautrin, Boris Pistorius, Guido Crosetto, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz et Wes Streeting, à l'issue d'une réunion à Paris. Le ministre polonais était représenté par son vice-ministre Pawel Zalewski.

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"Nous sommes déterminés à travailler en étroite coordination avec les États-Unis et l'ensemble des Alliés afin de concrétiser cette ambition", ajoutent les ministres de la Défense, sous pression de Washington depuis l'élection de Donald Trump.  "Cette responsabilité accrue doit commencer par le renforcement du rôle des Alliés européens au sein de l'Otan", ont-ils ajouté tout en soulignant que les États-Unis resteront "un allié indispensable".

Pour "une Europe plus forte au sein d'une Otan renforcée"

Afin d'œuvrer à "une Europe plus forte dans une Otan elle aussi plus forte", "nous avons décidé de travailler ensemble, concrètement, pour atteindre cet objectif selon une méthode précise et un calendrier défini, et en toute transparence avec les États-Unis en ce qui concerne le partage de la charge que nous devons assumer", a indiqué la ministre française lors d'une conférence de presse conjointe, ajoutant qu'une prochaine réunion du groupe E5 se tiendrait en mars prochain à Rome.

La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui a participé à la réunion, a appelé pour sa part "à moderniser nos forces et nos capacités afin de bâtir une Europe plus forte au sein d'une Otan renforcée".

Évoquant la volonté des États-Unis de réduire leur présence militaire en Europe, Pawel Zalewski s'est dit convaincu qu'un accord serait trouvé avec Washington pour que "ce processus soit coordonné, qu'il repose sur des arrangements que nous définirons ensemble – Américains, Européens et Canadiens – afin (...) qu'il n'y ait aucune lacune capacitaire, aucune lacune en matière de dissuasion, et que l'Alliance fonctionne efficacement, comme une machine parfaitement huilée".

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Le Pentagone avait pris de court les Européens en mai en annonçant le retrait de quelque 5 000 troupes en Allemagne, soit environ 15 % des 36 000 soldats stationnés dans ce pays, où cette présence joue un rôle crucial pour la sécurité et l'économie locale. Washington avait alors précisé que ce retrait serait effectif dans les "six à douze prochains mois".

Les ministres de la Défense du E5 ont par ailleurs redit leur volonté de poursuivre leur soutien indéfectible à l'Ukraine, sans toutefois annoncer de nouvel engagement financier ou opérationnel. "Nous resterons aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra", a déclaré le ministre britannique, pointant une menace russe "d'un type inédit depuis la fin de la Guerre froide". Mais "aucun d'entre nous ne cherche la guerre avec la Russie, et nous n'avons certainement aucun différend avec le peuple russe", a-t-il insisté.

Avec AFP

Source: France 24 · FRANCE 24

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