Des publications appelant à de nouvelles manifestations contre la vie chère, samedi, sont massivement partagées sur Tiktok et X depuis une première mobilisation le 17 octobre.

France Télévisions

Publié le 21/10/2026 17:12

Temps de lecture : 4min

La manifestation contre la vie chère, place de la République à Paris, samedi 17 octobre 2026. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)
La manifestation contre la vie chère, place de la République à Paris, samedi 17 octobre 2026. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)

Sur les réseaux sociaux, des appels à un "acte 2" de la mobilisation du 17 octobre fleurissent, en vue du samedi 24 octobre. Alors que certains étaient encore dans la rue samedi dernier, les premières évocations d'un nouveau rassemblement ont fait leur apparition sur le réseau social Tiktok. Sur ces vidéos, le mot d'ordre est clair : la mobilisation de samedi ne sera pas la seule. "A ce qu'il paraît le 24 octobre c'est la partie 2", "partie 2 le 24 octobre ?" peut-on lire ou entendre dans ces vidéos.

Beaucoup affichent une photo de la statue de la place de la République à Paris arborant un gilet jaune, prise le 17 octobre. D'autres demandent même aux Marseillais de venir à Paris pour une "alliance" entre les deux villes les plus peuplées du territoire. Ces posts sont publiés par des profils assez divers, certains étant de petits influenceurs avec quelques dizaines de milliers d'abonnés, d'autres en comptant plus de 100 000. Des vidéos appelant à cette nouvelle mobilisation sont également mises en ligne par des utilisateurs qui ne parlent qu'à quelques centaines d'abonnés. Pourtant, certaines cumulent plus de 80 000 mentions "j'aime" en moins de 48 heures.

Les Gilets Jaunes appellent à poursuivre les actions toute la semaine et à un acte 2, le 24 Octobre. https://t.co/FWRv26ZsAD

— Les Insurgés 🚩 (@LesInsurges_) October 18, 2026

Du côté de X (anciennement Twitter), les discussions autour du mouvement se répandent également très rapidement. Mercredi 21 octobre, il y avait déjà plus de 118 000 tweets mentionnant le 24 octobre ou les gilets jaunes depuis dimanche, d'après Visibrain, une société spécialisée dans l'analyse des réseaux sociaux. Signe d'un mouvement qui se structure et est débattu sur internet, Visibrain a observé plus de 2,2 millions de tweets sur la seule journée du 17 octobre. Soit "trois fois le nombre de messages enregistrés lors de la première grande mobilisation des gilets jaunes, le 17 novembre 2018". Sur Tiktok, "les contenus liés à la mobilisation ont cumulé près de 800 millions de vues", ajoute la même source.

Si la dénomination "acte 2" rappelle l'époque des mobilisations des gilets jaunes, ce n'est pas un hasard. Le mouvement social actuel en recycle certains codes. "On va reprendre le flambeau des gilets jaunes et tous les samedis on sera là", prévient un homme cagoulé dans une vidéo publiée samedi soir. Certaines anciennes figures médiatiques du mouvement, comme Eric Drouet ou Jérome Rodriguez, ont appelé à grossir les rangs le 17 octobre. "Gilets jaunes, lycéens, travailleurs, retraités, nos combats peuvent se rejoindre et aujourd'hui, nous avons une échéance, le 17 octobre 2026", a ainsi lancé ce dernier dans une vidéo Facebook publiée lundi 12 octobre.

D'autres manifestants qui se revendiquent du mouvement des gilets jaunes appellent de nouveau à se mobiliser samedi 24 octobre, notamment à travers le site internet 17octobregiletjaune.net. Dès lundi, la plateforme a lancé un appel à un "acte 2", écrivant : "Macron doit partir et laisser la place au peuple !". Interrogé par l'AFP, Benjamin Ball, l'un des créateurs du site et déjà coorganisateur du mouvement "Bloquons Tout" en septembre 2025, estime qu'il faut suivre "l'élan" donné par la base du mouvement en se mobilisant les samedis 24 et 31 octobre, puis le jeudi 5 novembre, date à laquelle une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU appelle à faire grève et manifester.

Les publications sur Tiktok et sur X ne donnent pour l'instant que peu d'informations et de consignes sur un lieu de manifestation ou des actions prévues. Une carte interactive publiée sur le site 17octobregiletjaune.net répertoriait de son côté, mercredi à la mi-journée, 396 actions prévues sur tout le territoire.

Près de 400 actions de mobilisation en vue du 24 octobre 2026 étaient recensées sur le site 17octobregiletjaune.net, mercredi 21 octobre à la mi-journée. (FRANCEINFO)
Près de 400 actions de mobilisation en vue du 24 octobre 2026 étaient recensées sur le site 17octobregiletjaune.net, mercredi 21 octobre à la mi-journée. (FRANCEINFO)

Les actions recensées sur cette carte participative sont très diverses. Certains manifestants se donnent rendez-vous pour une "chaîne humaine sur toute la rue Sainte-Catherine en soutien aux commerçants pillés, aux travailleurs qui souffrent aussi" à Bordeaux. Des occupations de rond-point, comme au temps des gilets jaunes, sont prévues à La Roche-sur-Yon (Vendée), Angoulême (Charente) ou Thionville (Moselle). A Paris, plusieurs points de rendez-vous existent déjà sur le site : place de la République, Bastille, Sacré-Cœur, le quartier de La Défense...

Après les affrontements avec les forces de l'ordre et les pillages de magasins à Bordeaux, Marseille, Paris ou Angoulême le 17 octobre, le Premier ministre a promis un dispositif de sécurité "massif". Le ministre de l'Intérieur a ainsi demandé aux préfets d'interdire "toutes les manifestations revendicatives de nature à troubler l'ordre public qui sont prévues pour ce samedi 24 octobre", dans une note adressée notamment aux préfets, et consultée par franceinfo. Laurent Nuñez précise qu'un arrêté d'interdiction devra être pris "lorsque le dialogue avec les organisateurs n'aura pas permis de créer les conditions de sécurité nécessaires".

Sous le feu des critiques depuis samedi dernier, notamment pour un manque d'anticipation sécuritaire, Laurent Nuñez souhaite aussi "renforcer les actions de renseignement afin d'identifier le plus précisément possible le volume de participants, notamment les plus radicaux, pour adapter le dispositif de voie publique". Dimanche 18 octobre, lors de son allocution, le président de la République a pointé lui-même des "défaillances" venues des renseignements.

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Source: Franceinfo · Valentin Stoquer

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