Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
- Pixels Pixels
- Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives
Par Marion Pépin
Publié aujourd’hui à 08h00, modifié à 13h57Article réservé aux abonnés
DécryptageA mesure que ChatGPT et consorts s’installent dans les usages, certains redoutent de voir leurs écrits attribués à l’intelligence artificielle. Pour échapper aux soupçons, ils adaptent leur façon d’écrire, quitte à laisser volontairement des fautes ou à renoncer à certaines tournures de phrase.
« De toute façon, tout le monde sait que tu écris tes newsletters avec ChatGPT. » Il a suffi d’une remarque, lancée au milieu de l’open space, pour que Chloé, 27 ans, se sente remise en cause dans son travail. Chargée de marketing dans une grande entreprise de prêt-à-porter, elle rédige régulièrement des e-mails destinés aux clients de la marque. Ce jour-là, elle encaisse difficilement la réflexion de sa supérieure. « Je passe du temps à chercher la bonne formulation, la bonne accroche et là, d’un coup, j’ai l’impression que mon travail ne compte plus, que tout est remis en question », témoigne-t-elle. Chloé ne nie pas avoir recours à l’intelligence artificielle (IA). Elle l’utilise pour relire ses textes, corriger d’éventuelles fautes ou améliorer certaines tournures. Mais pas pour écrire à sa place – la nuance lui paraît essentielle.
Depuis l’arrivée de l’IA générative dans notre quotidien, le soupçon s’est installé. Certains signes sont devenus suspects. Tirets cadratins, phrases construites en trois temps, formulations trop lisses ou vocabulaire jugé artificiel : autant de caractéristiques désormais associées, à tort ou à raison, aux textes produits par l’IA. Pour éviter que leurs écrits soient ainsi étiquetés, certains vont jusqu’à modifier leur style.
Hugo, 29 ans, chargé de communication, a développé sa propre stratégie : laisser volontairement des fautes dans ses e-mails professionnels, voire en ajouter. « Je vais oublier un “s”, mal accorder un verbe ou rendre une formulation moins fluide, pour que mes messages ne paraissent pas trop travaillés et qu’on ne me soupçonne pas d’utiliser ChatGPT ou Claude », décrit-il. Alors qu’on cherche généralement à éviter les fautes, elles deviennent ici un moyen de prouver que le texte a bien été écrit par un humain.
Il vous reste 68.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source: Le Monde · Marion Pépin
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira