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Appelé à la barre dans un programme chamboulé par la défection de plusieurs témoins, mercredi 28 octobre, le jeune homme de 23 ans a rappelé qu’il ne voulait « pas de vengeance mais la justice ».
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« M. Kessaci, levez-vous s’il vous plaît. Vous êtes là depuis le premier jour. Si je vous donne la parole dans la matinée, vous êtes prêt à vous exprimer ? » A la surprise générale, mercredi 28 octobre, le président de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, Roger Arata, pose la question d’une voix profonde, empathique. Sur le banc des parties civiles, où, comme toujours, il s’est assis bien en face d’Amine Oualane, un des hommes accusés d’avoir assassiné son demi-frère Brahim mais qui pourrait aussi être impliqué dans le meurtre de son second frère, Mehdi, en novembre 2025, Amine Kessaci n’hésite pas. « Tout à fait », répond celui qui, depuis la mort de son aîné en décembre 2020, fait du combat contre les violences du narcotrafic son étendard.
Le procès du triple narchomicide commis cette année-là entre Noël et le jour de l’An à Marseille dure depuis huit jours. Cinq personnes, suspectées d’être impliquées à divers niveaux dans ces meurtres, sont dans le box des accusés. Les défections de plusieurs témoins, tenaillés par la peur, chamboulent le programme. L’audition d’Amine Kessaci, qui vit 24 heures sur 24 sous protection policière, n’était pas prévue, mais le jeune homme ne tremble pas.
« Ça fait six ans que je suis prêt », glisse en aparté le militant écologiste, 23 ans seulement, devenu quatrième adjoint à la mairie de Marseille au printemps. Dans une veste en toile écrue, sa large carrure semble comprimée par la tension qui l’habite. Mais son pas est assuré. A la barre, il prend le temps d’ajuster le micro. Il va parler pendant une vingtaine de minutes d’une voix claire, posée. Dans le box, Amine Oualane, considéré comme l’un des fondateurs de la DZ Mafia, masque chirurgical sur le visage, ne le quitte pas des yeux.
« On m’a arraché une partie de ma vie, de ma famille, à 17 ans seulement. Jamais je n’accepterais qu’on vienne m’arracher mon humanité, je ne laisserais personne me ronger de l’intérieur. J’ai été le premier à dire que je n’avais pas de haine. On a voulu présenter ce procès comme celui d’Amine Kessaci contre un des accusés. Ce procès ne cible pas une personne. Je me bats contre un système », explique-t-il, précisant ne pas vouloir de « vengeance, mais la justice ».
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Source: Le Monde · Gilles Rof
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