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Par Léo Pajon
Publié aujourd’hui à 15h00Article réservé aux abonnés
ReportageLe restaurant universitaire Lieu de vie, dans l’Essonne, sert 900 repas au quotidien. Au menu : plats équilibrés, saveurs variées et produits sourcés. Mais aussi longues files d’attente après la généralisation du tarif à 1 euro.
Valérie Aronvald a ôté sa veste de directrice adjointe des restaurants de l’académie de Versailles. Elle a renoué son tablier autour de sa taille, ajusté sa charlotte, et remue à grands coups de louche un égrené de pois – mélange granuleux, orangé, fumant – dans une sauteuse du restaurant universitaire Lieu de vie, à Gif-sur-Yvette (Essonne). « Il manque un commis ; il faut bien que quelqu’un fasse le boulot », justifie la quinquagénaire en souriant. Avant de décrocher un poste de direction, elle a turbiné vingt-trois ans, en gravissant tous les échelons, dans les cuisines des restos U, et semble très heureuse de remettre la main à la pâte.
De larges baies vitrées éclaboussent de lumière les fourneaux et donnent sur les établissements alentour : Ecole polytechnique, ENS, AgroParisTech… Une forêt blanche de bâtiments a poussé en quelques années sur le plateau de Saclay. Pour Valérie Aronvald, le pôle universitaire représente surtout des milliers de bouches à nourrir, précisément 12 000 repas quotidiens, dont 900 à Lieu de vie. Cet établissement de taille moyenne, plaisant avec ses terrains de basket perchés sur un toit-terrasse, est une petite bulle de quiétude qui n’a pas été affectée par les mouvements étudiants. L’entrée du bâtiment n’a jamais été « bloquée ». En revanche, il n’échappe pas à la crise qui secoue la restauration universitaire. Files d’attente interminables, salles engorgées, cadences parfois infernales en cuisine… depuis la généralisation des repas à 1 euro, le 4 mai, le dispositif est victime de son succès.
En France, ce sont 48 % de repas supplémentaires (soit 1,3 million de repas en plus) qui sont servis depuis la rentrée par rapport à celle de 2025. A Lieu de vie, la queue se prolonge parfois sur deux étages dans l’escalier qui mène au self. Quant aux équipes, elles ont dû abandonner certains plats cuisinés. Le jour de notre passage, aucun dessert maison ne côtoyait les pommes et les flans industriels posés sur les comptoirs.
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Source: Le Monde · Léo Pajon
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