Les personnels ont déclenché une mobilisation de 24 heures pour protester contre la militarisation des ports, contre le budget du gouvernement et pour soutenir la grève nationale du 5 novembre.

France Télévisions

Publié le 30/10/2026 11:03

Temps de lecture : 3min

La tour de contrôle du port du Havre, le 3 octobre 2026, en Seine-Maritime. (HANNA WAGNER / IMAGEBROKER / MAXPPP)
La tour de contrôle du port du Havre, le 3 octobre 2026, en Seine-Maritime. (HANNA WAGNER / IMAGEBROKER / MAXPPP)

En France, ils "vont être à l'arrêt à 95%". Les ports sont perturbés, vendredi 30 octobre, par une grève de vingt-quatre heures des dockers, à l'appel de la Fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente près de 90% des salariés du secteur. Aucun chargement ou déchargement ne doit être effectué, selon la consigne.

Quelque 14 000 travailleurs, dont 7 500 dockers, sont concernés par l'appel à la grève à Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Rouen, Paris (Haropa), Cherbourg, Saint-Malo, Roscoff, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux, Bayonne, Port-Vendres, Sète, Fos-sur-Mer, Marseille, Toulon, Nice, Bastia, Ajaccio et sur l'île de La Réunion. Le mouvement concerne également d'autres pays européens, comme la Grèce et l'Italie. Franceinfo revient sur les raisons de cette mobilisation.

Une protestation contre la militarisation des ports

Le premier appel à la grève pour vendredi a été lancé dans un cadre européen, par l'European Dockworkers Council (EDC), et au niveau international par d'autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et Inde. "La récente stratégie des ports de l'Union européenne confirme une tendance inquiétante vers la déréglementation, la militarisation de nos infrastructures et la soumission de nos droits de travail aux intérêts de l''économie de la guerre'", a expliqué l'EDC sur Facebook.

Dans sa stratégie maritime industrielle de l'UE adoptée le 4 mars, la Commission évoque en effet la "forte dimension militaire" du secteur. "Le coût et le conditionnement de l'envoi de matériel militaire sont bien moindres par la mer que par transport aérien", explique à France 3 Normandie Florian Manet, expert en gouvernance et sécurité maritime. "Les Etats européens doivent être prêts à pouvoir se projeter militairement en cas de besoin."

Les syndicats européens s'opposent à un projet qui favorise la "mobilité militaire", en facilitant le transit de matériel de défense via les infrastructures civiles de transport. "Nous ne pouvons pas permettre que nos ports soient utilisés comme des pions dans des conflits géopolitiques", défend l'EDC. Les représentants syndicaux de 35 ports européens ont ainsi signé, le 19 mai à Istanbul (Turquie), une déclaration commune pour refuser que les dockers "deviennent un lien dans la chaîne des guerres". La déclaration appelle aussi à "l'arrêt immédiat du génocide à Gaza", ajoute dans La Marseillaise Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération CGT des ports et docks.

Une opposition au budget du gouvernement

La CGT conteste des mesures du projet de budget du gouvernement français. Elles "détruisent nos systèmes de solidarité", affirme le syndicat dans un communiqué. "Le futur projet de budget Lecornu, qui souhaite imposer de nouveaux efforts au peuple français, illustre parfaitement les orientations antisociales et antidémocratiques pendant que les dividendes des actionnaires augmentent à coups de milliards", peut-on encore lire dans le communiqué de la Fédération nationale des ports et docks CGT.

Un soutien à la grève nationale du 5 novembre et à la jeunesse

Les dockers ont aussi annoncé s'associer à l'appel national à la grève, le 5 novembre, lancé par la CGT et toutes les grandes centrales syndicales du privé et du public. Ils réclament "l'augmentation du smic", des "augmentations de salaires et non des primes non cotisées", et affirment se mobiliser pour "l'avenir du service public d'éducation", la Sécurité sociale, les hôpitaux et les retraités.

Le syndicat fait également part de son soutien à la mobilisation des lycéens et étudiants. "Le président de la République et son gouvernement, complices du système capitaliste, utilisent une fois de plus la répression par la force et la violence, contre la jeunesse qui exprime à juste cause son besoin d'un avenir meilleur", écrit encore la CGT Docks.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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