Premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, le pays compte plus d’une centaine d’entreprises françaises, dont TotalEnergies et CMA CGM. Malgré la crise du naira, le marché nigérian, fort de 243 millions d’habitants, reste stratégique.
Pour des sociétés travaillant à l’export, la dépréciation du naira a paradoxalement pu être positive, en les rendant plus compétitives à l’international grâce à des coûts locaux en forte baisse. Maxime Bouan est associé chez Seedstars Africa Ventures, un fonds d’investissement dans les startups africaines et notamment nigérianes. Il estime que la conjoncture s'améliore dans le pays : « Pour les industries plus traditionnelles ou très focalisées au Nigeria, c'est clairement un sujet. Les réformes récentes vont tout à fait dans le bon sens. La nouvelle raffinerie Dangote change la donne de manière macro pour le pays en termes d'accès aux devises. Donc je pense que l'avenir est quand même beaucoup plus vert ou rose que ce qu'a été le passé. Après, ça ne veut pas dire que ça ne peut pas changer. Par le passé, on a été exposé au naira avec de la grosse volatilité. Il faut savoir se couvrir et savoir aussi être parfois patient ». Le naira s'est stabilisé depuis un an et demi, mais le risque de change reste une préoccupation pour les investisseurs qui doivent composer avec les fluctuations de la monnaie et les incertitudes économiques.
Kolawole Owodunni, directeur exécutif et directeur des investissements à la Nigerian Sovereign Investment Authority, les appelle à regarder à long terme : « Nous avons beaucoup d’entreprises qui sont venues au Nigeria il y a des décennies et qui ont connu une croissance importante. Nous avons Airtel Nigeria, qui a beaucoup grandi. Nous avons MTN. Ils ont traversé les différents mouvements de taux de change. Et puis, il y a déjà eu une crise de l’euro, vous savez. Il y aura toujours des questions liées aux devises. Mais cela ne remet pas en cause l’ampleur et la nature des opportunités pour les investisseurs au Nigeria ».
Les élections de 2027, déterminantes pour les échanges économiques
Le Nigeria, symbole de la volonté de partenariat gagnant-gagnant entre la France et l'Afrique, voulu par Emmanuel Macron. Pour cet entrepreneur franco-nigérian du secteur culturel Wale Gbadamosi-Oyekanmi, on entre dans une période qui pourrait influer sur les relations économiques bilatérales : « On est dans un moment de transition. Au Nigeria, on est aussi dans un moment qui précède les élections présidentielles qui auront lieu début 2027, au Nigeria comme en France. Donc ces éléments-là vont affecter évidemment la nature des échanges entre le Niger et la France. On a vu le président Macron souvent appeler les investisseurs nigérians à aussi investir en France, qui est un pays qui souhaite aussi avoir des investissements étrangers. Et on voit aussi les acteurs économiques nigérians inviter les entreprises françaises à investir au Nigeria. Donc, on a une danse de deux pays qui s'apprécie, trouve un intérêt économique mutuel et qui est un indicateur pour moi du nouveau rapport de force et des nouvelles formes de collaboration et de coopération entre les pays occidentaux et les pays d'Afrique ».
Le report de la visite d'Emmanuel Macron cette semaine ne change pas la donne selon les observateurs. Le résultat des élections dans les deux pays donneront la tonalité de la future relation.
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Source: RFI · Alexis Bedu
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