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Haut fonctionnaire, le directeur de l’Institut Rousseau, un cercle de réflexion économique, bataille pour imposer l’idée d’un effacement de la dette possédée par la BCE. Décryptage des arguments économiques, politiques et juridiques des opposants à la mesure qu’il défend depuis des années.

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Nicolas Dufrêne, à Paris, en 2023.

Il faut se méfier des hauts fonctionnaires en complet gris anthracite, ils cachent parfois des révolutionnaires. Manières policées, voix calme, Nicolas Dufrêne porte en lui depuis des années une idée qui bouscule la campagne pour l’élection présidentielle 2027 : l’annulation de la dette de la France possédée par la Banque centrale européenne (BCE) – autour de 16,6 % du total, soit 599 milliards d’euros.

Voilà six ans que lui et Alain Grandjean, un économiste spécialisé dans la transition climatique, ont formulé cette suggestion dans un livre, Une monnaie écologique (éd. Odile Jacob, 2020). Depuis, d’une première tribune au Monde en mai 2020 avec six autres économistes français à une autre, signée en février 2021 par 150 économistes du monde entier et relayée dans huit journaux européens, l’idée fait son chemin. Jusqu’à ce que, fin août, Jean-Luc Mélenchon l’a mette au centre de ses propositions : « Il suffit de les prendre [les dettes] et de les foutre au feu », a lancé le chef de file de La France insoumise (LFI), avec le sens de la provocation dont il a le secret.

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Source: Le Monde · Eric Albert

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