"Comment est-il possible que ces milices aient pu tranquillement traverser une ville avec un dispositif policier hors norme ?", s'est interrogée dimanche sur franceinfo Clémentine Autain, députée de gauche de Seine-Saint-Denis.

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Publié le 25/10/2026 13:22 Mis à jour le 25/10/2026 14:05

Temps de lecture : 4min

Des policiers lors de la manifestation contre la vie chère à Montpellier (Hérault), le 24 octobre 2026. (BENJAMIN ELKAIM / MAXPPP)
Des policiers lors de la manifestation contre la vie chère à Montpellier (Hérault), le 24 octobre 2026. (BENJAMIN ELKAIM / MAXPPP)

"Une première", selon le ministre de l'Intérieur. En marge des manifestations contre la vie chère ayant réuni au moins 410 000 manifestants, samedi 24 octobre, "on a observé dans au moins deux villes – c'était le cas à Nice et à Montpellier – la présence de militants de l'ultradroite qui cherchaient à affronter l'ultragauche, en tout cas à protéger eux-mêmes les commerces", a affirmé Laurent Nuñez lors d'un point-presse.

"Nous avons recensé au moins 14 villes dans lesquelles il y a eu des groupuscules d'extrême droite qui ont attaqué des manifestants", a aussi assuré dimanche sur France 2 Mathilde Panot, cheffe de file des députés de La France insoumise. "Comment est-il possible que ces milices aient pu tranquillement traverser une ville avec un dispositif policier hors norme ? (...) Qu'en dit le ministre de l'Intérieur ?", s'est un peu plus tôt interrogée sur franceinfo Clémentine Autain, députée L'Après (gauche) de Seine-Saint-Denis.

A Nice, "une centaine de militants d'ultradroite masqués ont convergé vers le centre-ville pour affronter physiquement les manifestants", samedi après-midi, a rapporté la préfecture des Alpes-Maritimes. "Les forces de sécurité ont manœuvré tout l'après-midi pour empêcher les deux groupes de se rencontrer", y compris au moyen d'un engin lanceur d'eau et de grenades lacrymogènes. Pour autant, "des rixes ont eu lieu aux abords du Vieux-Nice entre des individus violents issus des deux groupes, très mobiles", selon la même source. Selon un communiqué de la mairie de Nice, la scène a eu lieu "aux abords de l'hôtel des Postes et de la rue Alberti".

Plusieurs témoins, interrogés par Nice-Matin, font de leur côté état des violences d'une "centaine d'individus" de l'ultradroite à l'encontre de manifestants ou de simples passants. "Trois blessés légers (...) ont été pris en charge par les sapeurs-pompiers" après ces rixes, précise la préfecture.

Plusieurs de nos journalistes signalent la présence de membres de l'ultra droite dans le centre-ville de Nice, vers Hôtel des Postes et Alberti. Après avoir été dispersés sur Jean-Médecin par la police, notre journaliste a été témoin d'une scène très violente, stoppée par l'intervention des forces de l'ordre, qu'il qualifie de "surréaliste".

— Nice-Matin (@Nice_Matin) October 24, 2026

"Je condamne avec la plus grande fermeté les agressions commises aujourd'hui à Nice par des militants d'ultradroite contre les manifestants du cortège pacifique ! Rien ne peut justifier de tels actes, et leurs auteurs devront en répondre devant la justice, comme les nervis d'extrême gauche !", a réagi sur X le maire de Nice, Eric Ciotti, allié du Rassemblement national.

Le procureur de la République de Nice a fait savoir dimanche, dans un communiqué, que 11 personnes "susceptibles d'appartenir à la mouvance d'ultradroite" ont été placées en garde à vue. Le parquet précise que les individus ont été "interpellés dans deux véhicules". "Certains étaient en possession de masques, gants, gazeuses et matraques." Cinq sont déjà connues des services de police.

A Montpellier, "un groupe d'une vingtaine de personnes est allé plusieurs fois au contact des manifestants, cherchant les heurts, sans intervention des forces de l'ordre", relate France 3 Occitanie. Il s'agissait de personnes mobilisées après un appel lancé par un Montpelliérain à l'origine du site internet Alpha Rise, où sont recensés des groupes Telegram dans 66 villes de France, dont Montpellier, pour un projet dit d'"entraide citoyenne". L'objectif déclaré était de protéger les commerces après les dégradations et les pillages de la manifestation du 17 octobre. Sur les images tournées par France 3 et celles récupérées auprès de témoins, on peut voir le groupe aller au contact des manifestants.

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a condamné sur X ces agissements, parlant d'une "milice d'extrême droite" ayant "fait usage de la force contre des manifestants". Dimanche, l'élu à annoncé à ICI Hérault faire un signalement auprès du procureur de la République après avoir été destinataire de plusieurs vidéos des violences. Le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a dénoncé sur le réseau social une "connivence entre les CRS et les militants fascistes". Une "complaisance" également pointéepar son collègue Raphaël Arnault.

A Rouen, des manifestants ont été "violentés" par des "identitaires d'extrême droite" sans être interpellés par la police, rapporte aussi le média Blast, qui diffuse des images de la scène. Là encore, il s'agissait de personnes mobilisées via un canal Télégram "Entraide citoyenne", selon le média.

Exclu Blast - à Rouen, des identitaires d'extrême droite attaquent des manifestants en toute impunité devant la police Ce 24 octobre, des identitaires du groupe Entraide Citoyenne Rouen ont attaqué des manifestants dans le centre-ville de Rouen. Alors que la police intervient, elle contrôle les manifestants et laisse repartir les identitaires, comme on le voit dans la vidéo. Par @yanmdi

— BLAST, Le souffle de l'info (@blast_france) October 24, 2026

En fin de journée la préfecture de la Seine-Maritime a dressé un premier bilan faisant état de 30 personnes interpellées à Rouen pour "des faits de port d’armes, participation à des groupements, visages masqués". Trois personnes ont été légèrement blessées, dont un policier, rapporte la même source, citée par France 3 Normandie.

Enfin, à Lyon, l'AFP a constaté la présence d'un petit groupe d'une douzaine de jeunes hommes encagoulés ou visage caché scandant "la rue, la France nous appartient" dans la ville, où tout cortège ou attroupement était interdit. De son côté, LyonMag évoque une "vingtaine de membres de l'ultradroite", vidéo à l'appui. On les entend chanter La Marseillaise, puis crier "Avant, avant, Lyon le melhor", slogan des groupuscules identitaires lyonnais.

Un défilé de nationalistes à Lyon ce samedi 24 octobre. Selon les premiers éléments, il n’y a pas eu d’affrontements avec les manifestants. Ici, une Marseillaise suivie du « Avant! Avant! Lyon le Melhor » https://t.co/bqRoUvim9X

— Lyon Mag (@lyonmag) October 24, 2026

De son côté, Le Progrès assure que des chants nationalistes ont été entendus par des témoins, qui ont aussi observé des saluts nazis. Contactée par le journal, la préfecture du Rhône indique étudier les images.

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Source: Franceinfo · Mathilde Goupil

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