Par Le Figaro avec AFP
Publié le 02/11/2026 à 06h56
Les industriels de l’agroalimentaire estiment que l’absence des enseignes de supermarché leur «évite surtout d’avoir à rendre compte de leurs propres pratiques».
Passer la publicité Passer la publicitéÀ un mois du début des négociations commerciales, réputées houleuses, une réunion préparatoire initialement prévue le 28 octobre doit accueillir ce lundi 2 novembre à Bercy des industriels de l'agroalimentaire et distributeurs, mais est boycottée par ces derniers. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes comme E. Leclerc, Carrefour et Intermarché, avait annoncé dans un communiqué qu'elle ne «participera(it) pas» à ce comité de préparation «tant que deux exigences fondamentales n'auront pas été reconnues et partagées par tous» : «la transparence» sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME.
Les industriels de l'agroalimentaire (Ania, Ilec, Culture Viande, La Coopération agricole et les industries avicoles) fustigent dans un communiqué commun leur absence, estimant qu'elle leur «évite surtout d'avoir à rendre compte de leurs propres pratiques». Dans un communiqué distinct, Pact'Alim, qui représente les PME et ETI de l'agro-industrie, estime que «les prochaines négociations ne doivent pas reproduire les déséquilibres constatés ces dernières années».
Un «pacte de responsabilité»
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs alimentaires mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs) et sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs. Alors que le cru 2026-2027 s'annonce particulièrement tendu, et l'inflation inéluctable, le gouvernement avait annoncé il y a deux semaines vouloir réunir les parties prenantes en amont, en vue d'un «pacte de responsabilité».
Les «directives» concerneront «l'ensemble des acteurs de ces négociations», explique dimanche le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin, «ça sera la recherche d'un équilibre entre le pouvoir d'achat des Français et une inflation importée qui pénalise nos agriculteurs et nos PME, et qu'il va falloir répercuter en priorité vers eux».
Le cabinet estime par ailleurs que les revendications de la FCD sont déjà prises en compte dans les nouvelles dispositions de la loi d'urgence agricole qui prévoit notamment que la date butoir pour la fin des négociations avec les PME est plus courte qu'avec le reste des industriels, notamment pour éviter qu'elles soient «la variable d'ajustement» en fin de période de négociations.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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