Les grandes enseignes ont prévenu que l’inflation en rayons devrait repartir l’an prochain, pour s’élever à 2 à 4%. Image'in / ADOBE STOCK

Le gouvernement espère toujours faire signer aux syndicats agricoles, aux industriels de l’alimentaire et aux grandes enseignes un «pacte de responsabilité» pour modérer l’inflation à venir en rayons.

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Un mois avant le début officiel des négociations annuelles entre les grandes enseignes et leurs fournisseurs de grandes marques pour 2027, la situation reste tendue entre les différents maillons de la filière alimentaire. Mais aussi entre la grande distribution et le gouvernement, Serge Papin en tête. Convoqués ce lundi à Bercy, comme les syndicats agricoles et les fédérations de l’agroalimentaire, par le ministre du Pouvoir d’achat et des PME et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard pour une réunion de préparation à ces négociations, les grandes enseignes n’ont pas répondu à l’invitation, conformément à leur menace brandie il y a dix jours.

En cause : leur exigence d’une plus grande transparence sur les marges de leurs fournisseurs, lors de l’entrée dans les boxes de négociations. Elles demandent également une négociation différenciée entre les géants de la grande consommation et les PME de l’agroalimentaire. «Nous déplorons cette absence qui est à la fois décevante, regrettable, contre-productive et surtout paradoxale, estime-t-on du côté du cabinet de Serge Papin. En effet, la moitié des demandes des enseignes ont déjà été prises en compte. C’est le cas par exemple dans la loi d’urgence agricole qui établit un calendrier différencié de négociations entre les grands groupes et les PME (en dessous de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires, NDLR).»

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D’autres réunions à venir

Si une quarantaine d’autres participants (fédérations alimentaires, syndicats agricoles…) ont bien répondu présents ce lundi après-midi, l’absence de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), le syndicat représentatif des grandes enseignes, porte à ce stade un coup d’arrêt au «pacte de responsabilité» voulu par le gouvernement. Celui-ci doit permettre d’assurer une «juste répartition de la valeur entre les maillons de la filière alimentaire», explique-t-on dans l’entourage d’Annie Genevard.

Signe que les distributeurs, qui ont alerté depuis septembre sur le retour de l’inflation, sont scrutés de près, «ce pacte doit aussi permettre, si inflation des prix alimentaires il doit y avoir, que cela se fasse au profit des agriculteurs et des PME de l’agroalimentaire, qui cette année ont été particulièrement touchés par la sécheresse et l’inflation de leurs coûts. Et tout en gardant un niveau d’inflation qui soit compatible avec le pouvoir d’achat des Français», conclut-on dans les deux cabinets ministériels.

Les industriels, qui dans certaines filières espèrent des hausses de prix de 8 à 10%, ont jusqu’au 1er décembre pour envoyer leurs conditions générales de ventes à leurs clients distributeurs. Ils auront ensuite jusqu’au 1er mars pour négocier sur cette base les futurs tarifs pour 2027. D’ici là, le gouvernement prévoit d’autres réunions de suivi de ces négociations, sans qu’un calendrier précis n’ait encore été fixé.

Source: Le Figaro · Olivia Détroyat

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