L'Etat est-il en capacité de rembourser sa dette ? Vendredi, à la veille d'un nouveau jour de mobilisation nationale dans les rues, l'agence de notation financière Moody's doit actualiser sa note pour la France et il y a un sérieux risque de dégradation.

Radio France

Publié le 23/10/2026 07:36

Temps de lecture : 2min

Le siège social de l'agence Moody's à New York (ANGELA WEISS / AFP)
Le siège social de l'agence Moody's à New York (ANGELA WEISS / AFP)

Alors que le taux d'emprunt à 10 ans de la France a franchi, brièvement, mercredi 21 octobre, le seuil symbolique des 5%, l'agence de notation financière Moody's va-t-elle dégrader la note de la France, vendredi ? Il y a peu d'espoir que ce ne soit pas le cas. Non seulement le déficit et les finances publiques sont dans le rouge, mais le contexte de colère sociale des dernières semaines ne rassure pas du tout les créanciers.

La note de l'agence new-yorkaise est actuellement de "AA3", les deux autres principales agences, Standard & Poor's et Fitch, classent déjà la France un cran en dessous, à A+.

Les manifestations et les violences qui ont éclaté en marge de celles-ci donnent l'image d'un pays divisé, à la fois dans la rue et dans le paysage politique. Vu le contexte, les chances d'aboutir à un compromis et de faire adopter un budget sont très minces. C'est pourtant la condition pour réduire le déficit. Et encore, le but du gouvernement n'est que de le ramener à 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2027.

Quand on regarde le poids de la dette, cet objectif parait difficile à tenir : l'année prochaine, l'Etat devra débourser plus de 90 milliards d'euros, rien que pour payer les taux d'intérêt. C'est plus que le budget de la Défense ou de l'Éducation, si on exclut les pensions de retraite des fonctionnaires.

Si Moody's abaisse bien la note de la dette française, ce sera un mauvais signal pour les marchés et les taux d'intérêt pourraient, en théorie, encore augmenter. Sachant que la France emprunte déjà au taux le plus haut parmi ses voisins européens. Les 5% dépassés, mercredi, c'était du jamais-vu en presque 25 ans. La France paye plus cher ses nouveaux emprunts que l'Italie ou la Grèce et l'écart entre le taux français et le taux allemand, qui sert de référence, s'est creusé à un niveau inédit depuis la crise de la zone euro en 2011.

Cependant, selon plusieurs économistes, les marchés ont déjà intégré une dégradation de la note. Donc les effets devraient rester limités. Reste que l'argent qu'on s'apprête à emprunter coûte plus cher. En fait, c'est une prime de risque réclamée par les investisseurs, qui jugent que la probabilité qu'on ne parvienne pas à rembourser notre dette est plus forte qu'avant.

Mais, et c'est le point rassurant, il y a encore des créanciers prêts à nous financer. Sur les marchés, la dette française a toujours plus d'acheteurs que de titres à vendre. Preuve qu'ils ne pensent pas que la France, deuxième puissance économique de l'Union européenne, va finir par faire défaut. Le pays collecte l'impôt, l'économie est diversifiée et le gouvernement peut agir sur la trajectoire budgétaire en prenant des mesures, même si la marge de manœuvre est de plus en plus réduite.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème

Shorts

Source: Franceinfo · franceinfo

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira