Sonia Rolland et Gérard Croce au festival de Monte-Carlo en 2004. Abaca

L’acteur français, qui a travaillé pour Michel Deville, Claude Chabrol, Max Pécas et Claude Zidi, est décédé le 31 octobre à l’âge de 80 ans.

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Amoureux maladroit dans le cultissime Raphaël ou le Débauché, Bouboule dans le nanar d’exception Les Charlots font l’Espagne, gangster peu terrifiant dans La Grande Maffia de Philippe Clair… le comédien Gérard Croce nous a quittés le 31 octobre, à l’âge de 80 ans. Sa bonne bouille ronde, omniprésente dans le cinéma populaire des années 1970 et 1980, aura donc accompagné les Charlots dans nombre de leurs succès avant d’incarner l’e veule épicier Maigrat dans Germinal, de Claude Berri. Une carrière qu’il a aussi su faire vivre derrière la caméra, en tant que scénariste, assistant réalisateur et producteur.

Né à Marseille le 6 février 1946, il débute à l’écran dans les années 1960. C’est au cours de la décennie suivante que le public le découvre véritablement : Les Bidasses en folie (1971), puis Les Fous du stade (1972), de Claude Zidi, et Les Charlots font l’Espagne (1972), de Jean Girault, l’inscrivent dans cette famille de comédiens dont on reconnaît le visage sans toujours retenir le nom. Pierre Richard, au faîte de sa gloire, le fera également jouer un flic anonyme dans Je sais rien, mais je dirai tout.

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Gendarmes, curés, clients ou passants, Gérard Croce servait parfaitement ces indispensables hallebardiers qui donnent du sel aux scénarios. « J’ai joué des petits rôles, des rôles moyens, des seconds rôles, et j’ai joué deux ou trois fois des rôles principaux », résumait-il avec le sourire quand on lui demandait de commenter cette carrière faite apparemment de bric et de broc. Ses mots, dits sans aucune prétention, décrivaient simplement la place qu’il avait trouvée dans un métier exercé durant plusieurs décennies, au cinéma et à la télévision.

Dans les années 1980, son parcours croise régulièrement celui de Max Pécas, dont il devient un fidèle interprète. Il apparaît dans Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu », Belles, blondes et bronzées, Les Branchés à Saint-Tropez. Ces comédies légères ne résument pourtant pas sa filmographie, qui comprend aussi Mesrine d’André Genovès et Le Cri du hibou de Claude Chabrol.

Avec Germinal, il montra qu’il pouvait se confronter à un registre plus sombre. Dans l’adaptation du roman de Zola, il prête ses traits à Maigrat, un épicier qui exploite la misère des familles de mineurs. Aux côtés de Renaud, Gérard Depardieu et Miou-Miou, ce personnage odieux lui offrira un rôle de composition marquant, loin des silhouettes comiques auxquelles il était souvent associé.

La télévision prendra ensuite une place croissante dans sans carrière de saltimbanque. Présent dans des séries et des téléfilms, il travailla en tant que directeur de production sur la série Léa Parker qui donnait à Sonia Rolland un bel emploi d’agent de renseignement. Elle lui a rendu hommage, en mettant en exergue la face cachée de ses talents : celui d’un professionnel qui, après avoir longtemps servi les films des autres à l’écran, contribuera, dans les coulisses, à les faire exister.

Source: Le Figaro · Bertrand Guyard

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