Emmanuel Macron a appelé, mercredi, à ce que "le calme revienne" dans les lycées et à la reprise des cours "à la rentrée" de lundi "après les vacances de la Toussaint".

France Télévisions

Publié le 29/10/2026 00:17

Temps de lecture : 4min

Emmanuel Macron participe à un entretien avec le journaliste et youtubeur Hugo Travers, le 28 octobre 2026. (HUGODECRYPTE)
Emmanuel Macron participe à un entretien avec le journaliste et youtubeur Hugo Travers, le 28 octobre 2026. (HUGODECRYPTE)

Emmanuel Macron se tourne vers la jeunesse. Le chef de l'Etat a été interrogé, mercredi 29 octobre, par le journaliste et youtubeur Hugo Travers, deux jours après les premières mesures proposées par le gouvernement aux lycéens pour répondre à leurs revendications. Dans un entretien diffusé dans la soirée sur la chaîne HugoDécrypte - Grands formats, le président est revenu sur le mouvement de mobilisation de la jeunesse, mais aussi sur la question du pouvoir d'achat et sur le "racisme d'atmosphère" qui s'installe selon lui dans le pays et nécessite un "sursaut". Voici l'essentiel de ses déclarations.

Un appel à un retour au "calme" dans les lycées et les manifestations

"Je souhaite qu'à la rentrée, après les vacances de la Toussaint, les lycées puissent rouvrir", a dit le chef de l'Etat. "Ce que je souhaite surtout c'est, compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue, qu'elle puisse reprendre les cours, que le calme revienne et qu'on puisse rouvrir dans des bonnes conditions ces lycées", a-t-il insisté, alors que le gouvernement a mis plusieurs mesures sur la table pour répondre à la crise lycéenne qui dure depuis des semaines. "On n'a pas été assez rapide, collectivement, dans la réponse. On aurait dû y aller plus vite, moi le premier", pour répondre à la colère des lycéens, a-t-il concédé.

Interrogé sur les blessures parfois graves dont ont été victimes de jeunes manifestants, Emmanuel Macron s'est dit "dans la compassion et le soutien à tous", y compris envers "nos jeunes qui sont frappés". "De la même manière j'ai vu des policiers qui étaient blessés, de très jeunes policiers", a également mentionné le chef de l'Etat, pour qui "il faut maintenant revenir au calme des deux côtés". "A chaque fois que des policiers ont été engagés dans des actes qui n'étaient pas normaux, il y a des enquêtes qui ont été ouvertes", a-t-il défendu. Il a également appelé à "la clarté" sur les violences commises par des militants d'ultradroite, qu'il ne s'"explique pas".

Des "discussions" menées autour d'un accès restreint aux réseaux sociaux dans les cortèges

Le gouvernement a-t-il envisagé de demander aux opérateurs de couper l'accès aux réseaux sociaux lors des manifestations de samedi dernier ? "Il y a eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre", "il y a eu en tout cas une grande rigueur qui a été mise", a éludé le chef de l'Etat. Selon le média en ligne Blast, le Premier ministre a demandé, deux jours avant la manifestation, "à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l'accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X".

Le président a en revanche estimé que, lors des manifestations du 17 octobre, marquées par un fiasco sécuritaire reconnu par l'exécutif, les plateformes avaient "assez moyennement" retiré "les contenus illicites", comme "l'appel au pillage" ou "à la violence", comme le leur demande la législation européenne. Lors des manifestations suivantes, les plateformes "ont retiré une très grande partie" des contenus signalés par les autorités, a-t-il ajouté. "Il y a eu une bonne coopération samedi dernier en temps réel", selon Emmanuel Macron. Plus globalement, avant le 17 octobre, la colère sociale a été "sous-évaluée par les services de renseignement", a-t-il reconnu.

Parcoursup, "bien meilleur que ce qu'il y avait avant"

Emmanuel Macron est revenu sur la refonte du système d'admission post-bac Parcoursup, que le gouvernement a promis de réformer rapidement et de remplacer d'ici deux ans. "On a un système avec Parcoursup qui est bien meilleur que ce qu'il y avait avant", a-t-il défendu, "parce qu'il n'y a pas de tirage au sort, parce qu'il est beaucoup plus transparent". Mais ce système "crée de la défiance, donc on doit le refonder", a complété le chef de l'Etat. "On doit avoir beaucoup plus de clarté sur les critères de choix", a poursuivi Emmanuel Macron, "et avoir un retour sur les choix et pouvoir rouvrir des classes là où il y a le plus de tension".

Face aux critiques sur le manque de places à l'université, il a appelé à sortir de l'idée "qu'en quelque sorte il y aurait un droit universel à l'université". "C'est faux et ce n'est pas souhaitable", a-t-il plaidé. "En dix ans, on a beaucoup plus de places à l'université. En 2017, on devait être à 2,5 millions, on est à peu près à 3 millions dans l'enseignement supérieur, donc on en a créées", a-t-il revendiqué.

Des "efforts" à faire pour revaloriser les branches sous le smic

Emmanuel Macron a exhorté les branches professionnelles "qui ont encore des revenus qui sont sous le smic" à mener des négociations salariales, en réponse à la mobilisation citoyenne pour le pouvoir d'achat. Alors que la possibilité d'un prochain "coup de pouce" gouvernemental au Smic est évoquée, le chef de l'Etat a éludé cette question, renvoyant au Premier ministre, Sébastien Lecornu.

"Je pense que la clé elle est plus aujourd'hui sur certaines branches qui ont un niveau de rémunération qui est en dessous du Smic", a-t-il ajouté. Il a estimé qu'il fallait "relancer, là à court terme", "des dialogues sociaux" dans ces branches. "Je pense que ça fait partie des axes d'efforts." Selon une étude de la CGT citée mercredi par Le Parisien, 122 branches proposent encore au moins un niveau de salaire sous le smic.

Un climat de "désinhibition" du racisme et de l'antisémitisme

Emmanuel Macron a dénoncé une "désinhibition d'un antisémitisme chez certains et une désinhibition du racisme chez les autres", visant La France insoumise et le Rassemblement national. Il a appelé à un "sursaut" après l'attentat "terroriste raciste" de Trappes. Le chef de l'Etat a estimé qu'il y avait "des mouvements politiques qui ont laissé s'installer cela à l'extrême droite", citant le RN et "ceux qui leur sont proches". Il a aussi évoqué "une forme de désinhibition des propos", "un racisme d'atmosphère", "une désinhibition des violences".

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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