Par Le Figaro avec AFP
Publié le 27/10/2026 à 09h59
Au lendemain d’annonces gouvernementales jugées insuffisantes par les organisations lycéennes, le ministre de l’Enseignement supérieur assure toutefois que les négociations se poursuivent.
Passer la publicité Passer la publicité«Le travail doit reprendre lundi», a enjoint mardi le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste interrogé sur France 2 au lendemain d'annonces du gouvernement qui n'ont pas convaincu les organisations lycéennes et étudiantes, lesquelles ont appelé à poursuivre la mobilisation.
«On a effectivement un droit à manifester, un droit à ne pas être d'accord (...) mais le droit au blocage n'existe pas (...) et je pense qu'il y a un droit à étudier», a-t-il déclaré. «Le travail doit reprendre lundi et les discussions avec les organisations syndicales, avec les organisations représentatives des étudiants et des lycéens» doivent «continuer». «On a des lycéens qui sont arrivés à l'université il y a quelques mois, ils ont eu quatre semaines de cours et tout s'est arrêté : c'est pas possible», a-t-il encore déclaré. «Il faut reprendre le travail. Ça ne veut pas dire que les négociations doivent s'arrêter là».
«Rien n’est prévu de manière stratégique»
La plateforme d'orientation post-bac Parcoursup remplacée en 2028, après une «évolution forte» vers plus de transparence l'an prochain, pas plus de 28 élèves en classe de seconde, la refonte des emplois du temps... Le gouvernement a dévoilé lundi plusieurs mesures pour tenter d'éteindre la contestation lycéenne, dont la création de 15.000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, principalement en Île-de-France.
«Ce n'est pas un investissement massif de l'État comme ce qui est nécessaire, urgent et demandé (...) la question de la sélection, elle touche toutes les filières et toutes les régions. Et on nous parle d'agir uniquement en Île-de-France et d'agir uniquement sur deux filières, en BTS et en IUT», a réagi mardi matin Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante, sur France Inter. «Rien n'est prévu de manière stratégique, pluriannuelle, pour aller vers 250.000 places» supplémentaires, comme demandé par les organisations étudiantes.
Une transformation de Parcoursup
Ces propositions, selon Philippe Baptiste, «servent de point de départ» à la poursuite des négociations. Les organisations syndicales des personnels de l'Éducation seront reçues ce mardi matin par le ministre de l'Éducation Édouard Geffray. «En janvier les lycéens vont avoir une plateforme qui sera différente de celle de l'année dernière: plus claire, plus simple», a exposé Philippe Baptiste, vantant une «transparence plus forte sur la manière dont chaque jury identifie les lauréats» et l'ajout d'une «explication du refus» d'un souhait présenté par le candidat.
«Ce ne sera pas une suppression de Parcoursup mais une transformation profonde de la plateforme», a-t-il encore dit, écartant pour cette année la suppression de la mention du lycée d'origine, évoquant notamment le besoin «d'indicateurs anonymisés». «Les lycéens, les étudiants, les syndicats, les professeurs doivent prendre part au travail qui sera fait, il faut qu'ils aient leur mot à dire», a réagi mardi sur France Inter Anaïs Ella, porte-parole de l'organisation Les Lycéens!.
«Il y a beaucoup de sujets qui sont angoissants pour la jeunesse d'aujourd'hui. Il ne faudrait pas que Parcoursup vienne en quelque sorte concentrer des angoisses qui en fait ne sont pas dues à Parcoursup», a estimé Jean-Michel Blanquer, ex-ministre de l'Éducation à l'origine de la réforme. L'intersyndicale jeunesse (Fage, Union étudiante, Unef et Union syndicale lycéenne) et les organisations Les Lycéens! et Renouveau lycéen ont appelé lundi à poursuivre la mobilisation malgré les annonces du gouvernement.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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