Les syndicats Les Lycéens! et la Fage saluent sur France Inter un "premier pas" du gouvernement pour répondre à la colère des étudiants et lycéens mais estiment les mesures annoncées insuffisantes.

Radio France

Publié le 27/10/2026 09:16 Mis à jour le 27/10/2026 09:49

Temps de lecture : 3min

Les annonces du gouvernement n'ont pas convaincu les organisations lycéennes et étudiantes. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Les annonces du gouvernement n'ont pas convaincu les organisations lycéennes et étudiantes. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Les syndicats de jeunes disent voir "une petite brèche" dans les négociations avec le gouvernement et veulent "continuer à utiliser ce rapport de forces" pour obtenir davantage de mesures, expliquent mardi 27 octobre sur France Inter Anaïs Ella, membre du syndicat Les Lycéens!, et Suzanne Nijdam, présidente de la Fage (fédération des associations générales étudiantes).

Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures lundi 26 octobre, dont une "évolution forte" de Parcoursup en 2027, avant "un remplacement en 2028", des prêts pour rénover le bâti scolaire ou encore 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, en majorité en BTS et IUT. L'Intersyndicale jeunesse (L'Union étudiante, La Fage et l'Unef) et l'Union syndicale lycéenne (USL) ont appelé à retourner dans la rue.

"Tant qu'on n'aura pas quelque chose au moins sur la question de l'enseignement supérieur ou des rythmes scolaires, on ne pourra pas se satisfaire", estime Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les lycéens! mardi sur ICI Paris Île-de-France. "En creusant sur les mesures, on s'est rendu compte d'un certain nombre d'ajustements, de petits arrangements", explique Louis Letoublon. Selon lui, ce sont "des mesures extrêmement faciles à mettre en place pour le gouvernement" mais "qui ne solutionnent absolument pas la situation dans les lycées". Son organisation réclame toujours l'abrogation de Parcoursup et "surtout l'ouverture de places dans les universités" et "des moyens dans l'enseignement supérieur", explique son vice-président.

"C'est un premier pas mais on est loin d'être satisfait", réagit Anaïs Ella, élève du lycée Kléber de Strasbourg. Le gouvernement "n'a pas saisi le fond du problème", abonde Suzanne Nijdam, qui demande "un investissement massif de l'État, nécessaire, urgent et demandé". La problématique des "places dans l'université ou la question de la sélection touchent tous les secteurs, toutes les filières et toutes les régions, et on nous parle d'agir uniquement en Île-de-France et uniquement sur deux filières en BTS et en IUT", s'indigne-t-elle. "On a plus que jamais besoin de mesures qui soient tangibles, qui changent le quotidien."

Le gouvernement propose 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, mais pour Louis Letoublon, "il y en a zéro en licence, c'est 10 000 places artificielles en BTS, c'est 4 000 places en IUT et c'est 1000 places en parcours santé, notamment en Ifsi [Institut de formation en soins infirmiers]. Le gouvernement a juste à supprimer les quotas en BTS, comme ça il a 10 000 places gratuitement, c'est honteux".

Elles regrettent aussi le manque de dialogue avec le gouvernement, qui a annoncé ses propositions avant même la réunion avec les organisations lycéennes et étudiantes, juste après une réunion avec des influenceurs en lien avec le mouvement. "On s'est un peu moqué de nous en invitant les influenceurs avant nous. C'est un peu scandaleux", regrette Anaïs Ella. "Il n'y a pas eu de dialogue" puisque les mesures étaient "déjà annoncées avant de nous recevoir".

Pour Suzanne Nijdam, la stratégie de l'exécutif, qui demande notamment que les futurs cortèges ne passent pas dans les centres-villes à cause des pillages qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre, n'est pas la bonne. "C'est une stratégie qui justement amène à la violence, à la casse et à tout ce genre de choses", estime-t-elle. Par ailleurs, "les seuls moments où nos organisations ont pu envisager d'être reçues, les seuls moments où nos revendications ont pu envisager d'être entendues, c'est uniquement les moments où il y a eu de la casse, les moments où il y a eu de la violence", assure-t-elle. "Des années de mobilisation pacifique n'ont jamais abouti à quoi que ce soit, à part du mépris. Et donc c'est ce qu'on a pu également répéter [au gouvernement] : c'est une légitimation politique de la violence et il faut l'entendre aussi."

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Source: Franceinfo · franceinfo, Avec ICI Paris Ile-de-France

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