Par Le Figaro avec AFP

Publié le 29/10/2026 à 04h03

Le président américain Donald Trump à Chillicothe, dans l’Ohio, le 28 octobre 2026. Kevin Lamarque / REUTERS

Un juge fédéral a rejeté mercredi la demande de l’administration Trump d’isoler 20.000 bulletins d’électeurs qu’elle accuse de ne pas être américains. Le gouvernement fait appel.

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Un juge fédéral a rejeté mercredi la demande de l'administration Trump pour forcer la Californie à suspendre le décompte de 20.000 bulletins appartenant à des personnes qu'elle accuse d'être des étrangers, lors des élections américaines de mi-mandat. L'affaire a fait beaucoup de bruit aux États-Unis et représente une énième tentative de Donald Trump pour semer le doute sur les résultats du scrutin. En mauvaise posture dans les sondages, le milliardaire risque de perdre sa majorité au Congrès.

Depuis des mois, le président - qui n'a jamais reconnu sa défaite face à Joe Biden en 2020 - assure qu'il y aura de la triche lors des élections parlementaires. L'octogénaire accuse notamment certains États démocrates de fausser leurs résultats en laissant voter des non-Américains. Une obsession de longue date, répétée au mépris des études montrant que si de rares cas existent, ces erreurs sont anecdotiques et n'influencent pas les résultats.

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Mercredi, le juge David O. Carter a refusé d'ordonner la séquestration préalable des 20.000 bulletins mis en cause par le gouvernement en Californie, à seulement quelques jours du scrutin du 3 novembre. «Des droits constitutionnels et notre démocratie sont en jeu», a-t-il écrit dans sa décision, en soulignant que les inscrits sur les listes californiennes «ne doivent pas être privés d'un droit fondamental en raison d'allégations infondées provenant d'une procédure entachée d'incertitude et d'erreurs».

«Tentative d’ingérence électorale»

Le gouvernement avait initialement accusé cet été la Californie d'abriter 190.000 électeurs «illégaux» dans ses registres. Il a récemment revu ce chiffre à 20.000 et a déposé un recours judiciaire en urgence il y a une dizaine de jours, alors que les opérations de vote avaient déjà commencé - aux États-Unis, les électeurs peuvent voter en avance et par courrier. Une polémique similaire a eu lieu dans l'État voisin du Nevada, où les accusations se sont complètement dégonflées. L'administration Trump a d'abord recensé 16.000 électeurs non-citoyens, avant que des vérifications fassent tomber ce chiffre à 185, puis zéro.

Le juge Carter a rappelé ces louvoiements, en estimant que les actions du gouvernement «témoignent d'une vaste tentative d'ingérence électorale». Si certains des 20.000 électeurs dont la nationalité est mise en doute en Californie ne sont réellement pas Américains, «il existe un remède clair», a-t-il estimé. Le gouvernement peut «poursuivre pénalement les individus» un par un, «comme il l'a fait historiquement et récemment». Ces derniers jours, des agents fédéraux armés ont arrêté 28 personnes accusées d'avoir voté illégalement en Californie, dans des affaires remontant jusqu'à 2002.

Lors d'une audience mardi, les avocats de la Californie ont souligné qu'en cas de fraude, l'État dispose de tout l'arsenal nécessaire pour contester et régulariser les résultats d'une élection après la fin des opérations de vote. Séquestrer 20.000 bulletins avec un scrutin déjà en cours reviendrait à accepter que «n'importe quel parti puisse créer le chaos pour servir ses propres objectifs politiques et perturber le processus électoral», a conclu le juge Carter. Mercredi soir, le procureur fédéral Bill Essayli a annoncé faire immédiatement appel. Cette décision «bafoue le droit de vote des citoyens américains par dilution» avec celui de votants étrangers, a-t-il estimé sur X.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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