Les États-Unis votent aujourd'hui pour les élections de mi-mandat. Des élections décisives pour la suite du mandat de Donald Trump. Parmi les États qui pourraient contribuer à faire basculer la majorité au Congrès : l'Ohio. C'est ici, dans la petite ville de Medina, que RFI a choisi de s'installer pour suivre les derniers jours de la campagne jusqu'au scrutin de ce mardi. Ici, comme partout dans le pays, le coût de la vie arrive en tête des préoccupations des électeurs. Et notamment le prix du bœuf. Un reportage de nos envoyés spéciaux Justine Fontaine et François-Damien Bourgery.
Kelton Keller a 35 ans et une carrure de footballeur américain. Famille d'éleveurs depuis cinq générations. 120 hectares de terre au nord de Medina. Et 180 bêtes, dont certaines ce matin prennent leur bain.
« On a quelques taureaux là-bas qu’on a achetés pour la reproduction. On est assez autonomes. On cultive nos propres céréales, on produit tout notre foin, et puis on s’occupe de la transformation. La seule chose qu’on ne fait pas, c’est l’abattage. »
Mais depuis un an, Kelton Keller voit ses coûts de production exploser. « C'est dingue. Sans avoir d'autres emplois, on n'y arriverait pas. C'est devenu pratiquement impossible de se consacrer à l'agriculture à plein temps aux États-Unis. En gros, on est tout le temps endetté. On n'arrive jamais à s'en sortir. »
En cause, le prix des engrais qu'il utilise pour ses céréales et ses pâturages. 680 dollars la tonne. Et il s'attend à ce que ça grimpe encore. Il y a le carburant aussi : 1 dollar 50 le litre de diesel agricole. Des prix qui ont flambé avec le déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février dernier. Et auquel s'ajoute un cheptel bovin états-unien au plus bas depuis les années 1950. Résultat : « Ce sont les prix les plus élevés que j'aie jamais vus. Et les gens pensent qu'on s'en met plein les poches, mais nos marges n'ont pas changé. Tout a simplement augmenté : le coût des engrais, puis celui des produits finis ; tout a augmenté dans les mêmes proportions.
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« Dans ce pays, on mange beaucoup de bœuf. Ou plutôt on en mangeait »
À vingt minutes de là, c'est l'heure de pointe au supermarché. Anderson, la trentaine, est l'un des rares à sortir avec un chariot rempli. « J'ai acheté de quoi dîner. Des steaks, des brocolis, des pommes de terre. Les steaks, je les ai eus à bon prix aujourd'hui. Mais je les ai achetés seulement parce qu'ils étaient en réduction. »
Face à la crise et comme les élections approchaient, Donald Trump a multiplié les mesures au mois d'août pour augmenter les importations et faire baisser les prix.
Mais pour celles et ceux qui peinent à joindre les deux bouts, la viande de bœuf reste un luxe auquel il faut renoncer. À l'image de Cheryl, une retraitée rencontrée dans une banque alimentaire. « Avant, c'était le bœuf haché qui était le moins cher. Du coup, on en mangeait tout le temps. Dans ce pays, on mange beaucoup de bœuf. Ou plutôt on en mangeait. Mais l'inflation a vraiment mis un frein à ça et on n'a tout simplement plus les moyens. »
Cheryl espère qu'une victoire démocrate ce mardi fera changer les choses. Une position minoritaire dans un comté qui devrait encore largement voter républicain cette fois-ci.
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Source: RFI · François-Damien Bourgery, Justine Fontaine
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