Au lendemain des midterms, les formalités d’entrée aux États-Unis ne changent pas pour les touristes français. Mais après une année de désaffection, le scrutin pourrait redonner aux Européens l’envie de traverser l’Atlantique.
Les Américains ont voté. Les Français peuvent continuer à faire leurs valises. Au lendemain des élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump essuie un sérieux revers politique : les démocrates ont repris la Chambre des représentants et le Sénat, dont ils prendront le contrôle en janvier. De quoi inquiéter les voyageurs qui ont prévu de réveillonner à New York, de passer l’hiver en Floride ou de parcourir les grands espaces de l’Ouest américain ? Pas vraiment. À Washington, les majorités changent. À l’aéroport JFK, les formalités restent les mêmes.
L’histoire fournit d’ailleurs quelques précédents. En 2006, George W. Bush perd le contrôle des deux chambres du Congrès. Quatre ans plus tard, Barack Obama subit une défaite tout aussi spectaculaire : les républicains remportent plus de 60 sièges et reprennent la Chambre des représentants, sans toutefois reconquérir le Sénat. Deux revers majeurs pour les présidents en exercice, mais aucune conséquence automatique sur les conditions d’entrée des touristes français. Les « midterms » ne désignent pas un nouveau président : elles renouvellent les 435 sièges de la Chambre et environ un tiers du Sénat. Le nouveau Congrès prendra ses fonctions le 3 janvier 2027.
Et si, cette fois, le scrutin avait malgré tout une conséquence pour le tourisme ? Ce mercredi 4 novembre, Stefan Schulte, patron de Fraport, qui gère notamment l’aéroport de Francfort, a estimé que «le résultat des élections pourrait avoir un effet positif sur le transport aérien et encourager les voyages vers les États-Unis», selon une dépêche de l’AFP. Son optimisme intervient alors que la destination traverse une mauvaise passe auprès des Français : sur les neuf premiers mois de 2026, les arrivées de visiteurs en provenance de France ont reculé de 15,3 % sur un an, selon les données du National Travel and Tourism Office américain. Reste à savoir si le résultat des urnes suffira à inverser cette tendance. Donald Trump demeure à la Maison-Blanche et sa politique migratoire ne changera pas du seul fait de la défaite de son camp au Congrès.
ESTA, réseaux sociaux : les contrôles n’ont pas attendu les élections
Pour un séjour touristique de 90 jours maximum, les ressortissants français éligibles au programme d’exemption de visa doivent toujours présenter un passeport conforme et obtenir leur ESTA avant le départ. Son prix, désormais fixé à 40,62 dollars, avait déjà augmenté avant les élections. Aucune nouvelle formalité n’est entrée en vigueur du seul fait du scrutin.
Reste une question plus sensible : les autorités américaines peuvent-elles consulter les réseaux sociaux des visiteurs ? L’administration Trump a proposé dès décembre 2025 de rendre obligatoire la déclaration des identifiants de comptes utilisés au cours des cinq dernières années lors d’une demande d’ESTA. Le projet a suscité de nombreuses critiques. Au printemps 2026, les autorités américaines envisageaient même d’en réduire la portée. Pour l’heure, la rubrique « réseaux sociaux » du formulaire ESTA reste facultative.
À l’arrivée aux États-Unis, la situation est différente. Les agents de la police des frontières américaine peuvent déjà examiner le contenu d’un téléphone ou d’un ordinateur. Un pouvoir ancien, qui n’a donc rien à voir avec les résultats électoraux. Et qui ne concerne qu’une petite fraction des voyageurs : en 2025, les autorités ont procédé à 55 318 fouilles d’appareils électroniques, sur plus de 419 millions de passages aux frontières.
Un dollar moins cher : la petite bonne nouvelle du scrutin ?
S’il fallait chercher une conséquence immédiate, elle se trouverait plutôt du côté du portefeuille. Ce mercredi 4 novembre au matin, le dollar reculait face à l’euro, après la victoire des démocrates. La monnaie européenne s’échangeait autour de 1,125 dollar, contre 1,118 dollar au cours de référence de la Banque centrale européenne la veille.
Sur 3000 dollars de dépenses, cela représente une économie d’environ 18 euros. À peine de quoi se payer deux cappuccinos à Manhattan, pour peu que l’on n’oublie pas les taxes et le pourboire. Inutile, donc, de se précipiter dans un bureau de change : la réaction des marchés peut être aussi rapide qu’éphémère.
Le vrai sujet de vigilance se trouve ailleurs, dans les négociations budgétaires qui attendent la Maison-Blanche et le nouveau Congrès. Faute d’accord, les États-Unis peuvent connaître un « shutdown », une paralysie partielle des administrations fédérales. En octobre 2013, sous Obama, seize jours de blocage avaient entraîné la fermeture des parcs nationaux, du Grand Canyon à Yosemite. En novembre 2025, un autre bras de fer avait conduit l’aviation civile américaine à réduire temporairement le nombre de vols intérieurs dans 40 grands aéroports, notamment à New York, Miami et Los Angeles. Voilà qui peut réellement perturber un voyage. Mais un « shutdown » n’est ni la conséquence automatique d’une élection, ni une fatalité.
Les Français qui préparent leurs prochaines vacances américaines peuvent donc conserver leurs réservations. Ce qui mérite d’être surveillé, ce ne sont pas tant les résultats des midterms que les décisions prises à Washington dans les prochains mois. Pour l’heure, un changement de majorité au Congrès ne change ni le passeport à présenter, ni l’autorisation de voyage à obtenir, ni la file d’attente à l’immigration.
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Source: Le Figaro · Yan Bernard-Guilbaud
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