Les démocrates, grands vainqueurs des élections de mi-mandat de 2026, représentés en bleu par CNN alors qu’ils viennent de remporter le contrôle du Sénat. JOEL ANGEL JUAREZ / Getty Images via AFP

Le choix des couleurs pour représenter les partis politiques est souvent source de débat en Europe. Aux États-Unis, le consensus est net, mais ce n’était pas le cas il y a encore quelques dizaines d’années.

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«État bleu», «État rouge»… Ces qualificatifs pullulent sur les plateaux de télévision lors des soirées électorales américaines. Et les cartes qui y sont diffusées le confirment : le bipartisme américain est facilement reconnaissable. La couleur des démocrates, à gauche de l’hémicycle, est le bleu. Pour les républicains, situés à droite, c’est le rouge.

En Europe, la culture est totalement différente puisque la convention est précisément opposée. La gauche est traditionnellement représentée par une teinte de rouge, comme la rose du Parti socialiste peut l’attester par exemple en France, et la droite en bleu. D’où vient ce choix des couleurs aux États-Unis ?

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La télévision en couleur à l’origine du questionnement

Les infographies de tous les grands médias du monde se sont alignées sur cette règle, qui n’en est plus vraiment une tellement elle fait consensus. Les partis politiques américains se sont d’ailleurs eux-mêmes approprié ces couleurs. Les cravates rouges fréquentes chez Donald Trump, et les affiches aux 1001 bleus des démocrates le démontrent. Ces attributions ne relèvent pas vraiment d’un événement particulier, mais plutôt d’une évolution naturelle des choses.

À l’origine, les premières émissions de télévision en couleur représentaient les victoires du républicain Ronald Reagan en bleu, comme CNN en 1980. Jimmy Carter, pourtant démocrate, a été représenté en jaune ou en rouge selon les chaînes de télévision. Seule certitude à l’époque, le rouge était avant tout la couleur du grand ennemi communiste, l’URSS. Personne ne voulait alors y être associé, et les médias n’ont pas voulu créer la confusion.

L’élection présidentielle de 2000, le moment pivot

Il faut attendre l’élection présidentielle de 2000, une fois la Guerre froide enterrée, pour que les coloris des partis politiques se précisent. Le résultat historiquement serré a amené les médias à entériner ce qui se profilait déjà depuis plusieurs années. Cette incertitude, qui atteint son paroxysme en Floride, nécessitait d’autant plus de clarté visuelle dans les cartes électorales que les recomptages pour départager Al Gore et George W. Bush durent plusieurs semaines.

Les cartes représentant le démocrate en bleu et le républicain en rouge se sont à ce moment ancrées dans les esprits. Selon un rapport du service de recherche du Congrès américain, c’est d’ailleurs en 2000 que le journaliste de télévision de NBC, Tim Russert, a fait la première référence nationale aux «États rouges» et aux «États bleus». Depuis, les «États violets» sont même régulièrement qualifiés ainsi pour exprimer leur non-appartenance à un camp ou à un autre.

Source: Le Figaro · Valentin Hermier

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