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Publié le 28/10/2026 17:53

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Le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'un entretien bilatéral avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Strasbourg, le 16 septembre 2026. (JUSTIN TANG / AP /SIPA)
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'un entretien bilatéral avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Strasbourg, le 16 septembre 2026. (JUSTIN TANG / AP /SIPA)

Le 21ᵉ sommet UE-Canada se tient à Montréal à partir du 29 octobre. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a proposé au Canada de devenir membre associé de l'Union européenne. Une proposition qui s'inscrit dans une histoire ancienne entre les deux blocs et qui intervient dans un contexte d'éloignement avec les États-Unis.

Les relations entre le Canada et l'Union européenne vont peut-être connaître un coup d'accélérateur, avec cette proposition de la présidente de la Commission européenne de faire d'Ottawa un "membre associé" de l'Union européenne. Mais il faut d'abord rappeler les liens entre Ottawa et Bruxelles. Ils remontent aux années 1950, lorsqu'en 1959, des liens officiels se tissent entre le Canada et la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), ancêtre de l'UE créée en 1951.

En 1976, la signature de l'accord-cadre de coopération commerciale et économique entre le Canada et l'Union européenne marque un tournant : c'est le tout premier accord du genre entre la Communauté économique européenne (CEE) et un pays membre de l'OCDE.

Plus récemment, en 2016, deux accords importants ont été signés entre les deux parties : l'accord de partenariat stratégique (APS) pour renforcer la coopération politique et l'accord économique et commercial global (AECG/CETA), qui vise l'élimination de la quasi-totalité des droits de douane entre les deux blocs.

Les domaines de la sécurité et de la défense connaissent également une accélération. En février dernier, le Canada est ainsi devenu le premier État non européen à rejoindre le programme SAFE (Agir pour la sécurité en Europe) qui finance des achats conjoints d'armement.

Pour le Canada, l'Union européenne demeure un partenaire stratégique fondamental, fondé sur des valeurs communes et une longue histoire de coopération (sécurité, sciences, énergie, agriculture, pêche, justice, commerce, flux migratoires). Signe de cet engagement, le Premier ministre Mark Carney a nommé, le 1ᵉʳ octobre 2025, John Hannaford comme son représentant personnel auprès de l'Union européenne.

L'an dernier, lors du 20ᵉ sommet UE-Canada, à Bruxelles le 23 juin 2025, les deux partenaires affichaient déjà une ambition commune : "Nous sommes unis dans notre objectif de forger un nouveau partenariat ambitieux et global qui réponde aux besoins d'aujourd'hui et évoluera pour relever les défis et saisir les possibilités de demain" pouvait-on lire dans la déclaration conjointe publiée à cette occasion.

Lors de son discours remarqué à Davos en janvier dernier, Carney avait appelé "les puissances moyennes à agir ensemble, car si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu" dans un monde où "la géopolitique des grandes puissances n'est soumise à aucune contrainte".

Reste que ce statut de "membre associé" n'existe pas dans les traités européens. C'est la présidente de la Commission européenne, elle-même, qui a lancé l'idée dans son discours sur l'état de l'Union le 16 septembre dernier à Strasbourg. Devant Mark Carney, premier dirigeant non européen à être invité au discours annuel sur l'état de l'Union, Ursula Von der Leyen a déclaré : "Cher Mark, j'ai dit qu'il était urgent de réinventer nos partenariats. Je voudrais donc œuvrer avec vous à la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé de l'UE. Nous partageons un océan, un ensemble de valeurs et une façon de voir le monde. Et nous bâtirons à présent notre avenir commun."

Alors que ses relations avec les États-Unis sont devenues très compliquées, Donald Trump voulant faire du Canada le 51ᵉ État américain, Mark Carney souhaite bâtir une "alliance unique" ou "alliance pour l'avenir" avec l'Union européenne. Il ne reprend ainsi pas à son compte l'expression de "membre associé", mais entend bien avancer sur plusieurs questions : la circulation des personnes, via la simplification des procédures de visa, l'accès au programme Erasmus pour les étudiants, tout en approfondissant le commerce numérique, les accords énergétiques, l'accès aux minéraux critiques et la coopération en matière de sécurité... Il veut aussi obtenir une avancée sur le CETA, l'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE, toujours pas ratifié par plusieurs États membres, dont la France.

Le sommet qui s'ouvre à Montréal sera donc l'occasion d'avancer sur les termes de ce nouveau partenariat, même s'il reste quelques obstacles sur la route : les pays européens y seront-ils favorables ? La proposition d'Ursula Von der Leyen est sortie du chapeau. D'ailleurs, à la veille du sommet de Montréal, des diplomates de Bruxelles ont indiqué que l'Union européenne est prête à renoncer à qualifier le Canada de futur "membre associé", lui préférant, à la demande notamment de l'Allemagne, le concept d'"association toujours plus étroite". Mark Carney arrivera-t-il à obtenir l'adhésion dans son pays ? Si l'opinion canadienne est majoritairement pour un tel rapprochement, les partis d'opposition sont eux très critiques.

Un tel partenariat pourrait, en tous cas, être proposé à d'autres pays. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a ainsi suggéré, lors d'une interview à Euronews, que l'Australie et la Nouvelle-Zélande puissent elles aussi devenir des membres associés de l'UE. Proposition que les intéressés n'ont toutefois pas vraiment reprise à leur compte. L'Australie a dit se concentrer sur la finalisation de l'accord commercial avec l'UE. La Nouvelle-Zélande a quant à elle précisé ne pas avoir entamé de discussions sur ce point avec Bruxelles.

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Source: Franceinfo · Bruno Cadène

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