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Derrière un inventaire malicieux des actions perturbant la bonne marche des organisations, le « Manuel de sabotage 2.0 » propose une analyse critique de la collaboration au travail, à l’heure l’hyperconnexion, de l’infobésité et de la réunionite aiguë.
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En 1944, l’OSS (Office of Strategic Services), ancêtre de la CIA, élabore un Manuel de sabotage simple sur le terrain. Il doit permettre aux civils des pays occupés par l’Allemagne nazie de multiplier les « petits actes » susceptibles de créer désordres et perturbations, en particulier au cœur des organisations, et d’« entraver [ainsi] l’ennemi depuis l’intérieur ».
L’ouvrage a inspiré trois spécialistes des usages professionnels du numérique, Suzy Canivenc, Marie Ged et Arthur Vinson, animateurs de l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN). Portés par une plume malicieuse, ils ont décidé d’adapter ce guide au monde de l’entreprise contemporaine. Leur Manuel de sabotage 2.0 (Editions de l’Eclaireur, 136 pages, 16 euros) porte ainsi un objectif avoué : « Rendre votre organisation la plus inefficace possible. »
Pour ce faire, les auteurs déclinent de nombreux leviers pour désorganiser, ralentir ou perturber la bonne marche des collectifs de travail. Certains des conseils sont directement inspirés de la publication de l’OSS : créer des doublons de dossier, mal classer les documents essentiels, multiplier les procédures et les autorisations à la transmission des instructions et s’« assurer que trois personnes approuvent tout, là où une seule personne suffirait ».
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Source: Le Monde · François Desnoyers
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