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Propos recueillis par Camille Bordenet, Anne-Aël Durand, Sylvie Lecherbonnier et Aline Leclerc
Publié aujourd’hui à 05h45, modifié à 12h38Article réservé aux abonnés
TémoignagesIls se sont mobilisés le 17 octobre et restent sidérés par cette journée marquée par les pillages de commerces, les dégradations de bâtiments publics, mais aussi par les quantités de gaz lacrymogènes tirés sur des cortèges pacifiques. Certains défileront de nouveau samedi. D’autres non.
Samedi 17 octobre, depuis le « fin fond » de sa fromagerie dans la Creuse, Joël (les personnes citées par leur prénom n’ont pas souhaité donner leur nom), 37 ans, a cru avoir enfin trouvé l’occasion de « se mettre en action ». Ces derniers temps, il avait observé ses collègues agriculteurs se mobiliser, puis les pompiers et les lycéens, qui lui ont rappelé cette révolution qu’il aurait voulu faire à leur âge. Il a enfilé sa cotte, ses bottes et ses colères, a laissé en plan sa comptabilité et a pris la route de Limoges pour rejoindre les collègues ayant sorti tracteurs, remorques et sono. « Est-ce que c’est utile ou pas, j’en sais rien, mais je me suis dit “bon allez, on y va” », raconte-t-il.
Son espoir de voir « tant de personnes de tous horizons » manifester dans un esprit de « colère joyeuse » a vite été douché : en marge du cortège, des individus « inarrêtables » se sont mis à vouloir forcer l’accès à l’autoroute, des voitures ont été incendiées tout comme la mairie de Limoges. « On leur disait d’arrêter, que ça discréditait la mobilisation… Ils n’écoutaient rien », regrette le fromager, l’impression de s’être fait « voler » ses revendications par les violences et les images de celles-ci diffusées en boucle.
Des quelque 550 000 manifestants – comme lui – le 17 octobre, selon les chiffres du ministère de l’intérieur, combien seront-ils à y retourner, samedi 24 octobre, au milieu des vacances scolaires, alors que trois organisations étudiantes (UNEF, L’Union étudiante et FAGE), mais aussi la CGT et une « coordination des “gilets jaunes” » appellent à descendre de nouveau dans la rue ? La réponse n’est évidente pour personne.
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Source: Le Monde · Camille Bordenet, Anne-Aël Durand, Sylvie Lecherbonnier, Aline Leclerc
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