Une personne a été grièvement blessée à la main, samedi 24 octobre, lors de la mobilisation à Clermont-Ferrand. Le parquet a ouvert ce dimanche une enquête pour en rechercher les causes et indique que cette blessure « pourrait avoir été causée par une grenade lancée par la police ». Par ailleurs, une vidéo vue plusieurs millions de fois sur X montre ce qui s’apparente à une grenade tombant au milieu de manifestants.

À la suite de la mobilisation du samedi 24 octobre à Clermont-Ferrand, au cours de laquelle un manifestant a subi une grave blessure à la main, le parquet a annoncé ce dimanche l'ouverture d'une enquête. Les autorités indiquent que la blessure "pourrait avoir été causée par une grenade lancée par la police". Une piste renforcée par une séquence vidéo massivement relayée sur X montrant la chute d'un projectile s'apparentant à une grenade au sein d'un groupe de personnes.

Le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert ce dimanche 25 octobre une enquête pour déterminer comment ce manifestant a été grièvement blessé à la main la veille, au cours des manifestations du centre-ville. L’enquête, ouverte sur le fondement de l’article 74 du code de procédure pénale "à la suite de la découverte d’une personne grièvement blessée", vise à ce stade à établir justement les circonstances de la blessure. Le parquet évoque pour l'instant l'hypothèse d'une "grenade lancée par la police".

Publiée sur X, c'est une séquence qui a été vue plusieurs millions de fois : dans cette vidéo publiée vers 16h30 l'on voit un objet tomber d’en haut au milieu d’un petit groupe de manifestants. Il s’apparente à une grenade et atterrit à environ un mètre de plusieurs manifestants, et dans le dos de l’un d’eux, qui porte un sac à dos. Le type d’engin n’a pas été identifié et son origine n’est pas établie à ce stade. Un manifestant interrogé par la rédaction raconte la scène : "J'ai mon ami blessé au dos par ce qu’il décrit comme une grenade assourdissante, qui lui aurait laissé de nombreuses éraflures. Une autre personne, à côté, aurait été assourdie par l’explosion". D’après nos images, la tenue du blessé au dos correspond à celle d’un manifestant visible sur la vidéo de la grenade.

Ilias, un jeune tiktokeur, diffusait un direct à quelques dizaines de mètres. Il situe la scène à 16 h 09 : "J'ai entendu un bruit sourd que je n'ai jamais entendu auparavant, puis il y a eu une fumée qui s’échappe, puis un mouvement de foule", raconte-t-il.

Selon lui, deux grenades ont retenti, l’une très fort, l’autre un peu moins. Il en déduit que deux sont tombées, dont l’une aurait blessé le manifestant que l’on voit sur la seconde vidéo. "Il n’y avait pas de casse ni de tension à ce moment. On voulait juste nous faire partir à tout prix", dit-il, choqué par la scène. Il raconte avoir tenté de s’approcher du blessé, sans y parvenir.

Une seconde vidéo montre un manifestant blessé à la main, pris en charge par des street medics, ces secouristes présents dans les cortèges. L’un d’eux, Ilhan, explique, fiches de suivi à l’appui, que son équipe a soigné deux traumatismes crâniens, cette main blessée et un bras blessé. "Il parlait d’une grenade qui a atterri sur lui", rapporte Ilhan. Il a été transporté à l'hôpital et doit subir plusieurs opérations à la main.

Ce manifestant porte un jean et un pull vert sur la seconde vidéo devenue elle aussi virale. Une tenue que l’on retrouve sur la vidéo de la grenade. Mais le lien entre les deux scènes n’est pas officiellement établi : il reste à confirmer, notamment par l’enquête.

Dans son point de situation de 18 h, la préfecture du Puy-de-Dôme évoque une "manœuvre de dispersion" menée vers 16 h, par les forces de sécurité intérieure, soit environ au même moment où la scène de la première vidéo aurait lieu selon plusieurs témoins. Une opération menée après un regroupement place Delille malgré l’interdiction des rassemblements dans le centre-ville. Les groupes ont fini par rejoindre la place de Jaude. La préfecture recense des jets de projectiles et des feux de poubelles, sans en préciser si cela a eu lieu avant ou après les manœuvres de dispersion. Son point de situation ne mentionne également pas l’usage de grenades. Contactée, la préfecture n'a pas pu répondre, à ce stade, à nos demandes de précisions.

Source: Franceinfo · manale makhchoun

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira