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A la Une de la presse, ce lundi 26 octobre, la réélection, au Brésil, du président Lula pour un quatrième mandat. Les réactions, en France, au lancement officiel de la campagne de Marine Le Pen, la candidate du RN, pour la présidentielle de 2027. Le Rassemblement national, accusé par la gauche d’avoir nourri le racisme de l’auteur présumé de l’attentat qui a tué une personne et blessé plusieurs autres, à Trappes, en banlieue parisienne, vendredi dernier.
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A la Une de la presse, la réélection, au Brésil, du président Lula pour un quatrième mandat.
«Après sa victoire, Lula dit qu’il va gouverner pour les 215 millions de Brésiliens», annonce O Globo. Une promesse d’apaisement, après une campagne qui a montré un pays profondément divisé. Le journal de Rio évoque une mobilisation massive en faveur de Lula pour le second tour, puisque le président sortant gagne plus de 10 millions de voix supplémentaires par rapport au premier tour, bénéficiant de la baisse de l’abstention et du nombre de bulletins blancs et nuls, à leur plus bas niveau historique. O Estadao parle d’un retournement «inédit», qui représente aussi une «alerte» pour le gouvernement de Lula, condamné, selon lui, à «corriger beaucoup de choses», car «le bolsonarisme n’est pas loin». A Folha de Sao Paulo rapporte que Lula assure avoir reçu le message cinq sur cinq, et promet de «changer» sa façon de gouverner - tout en attaquant son rival, Flavio Bolsonaro qui conteste sa victoire. Pour le journal de Sao Paulo, «ce revirement sans précédent et l'obtention d'un quatrième mandat confirment le statut du chef du Parti des travailleurs comme le plus grand leader populaire brésilien de ce siècle», mais «il est urgent que l'arrogance ne l'empêche pas de reconnaître les erreurs qui ont failli lui coûter la victoire», à commencer par le fait qu’ «il a eu recours à un détournement flagrant de l’appareil d’Etat».
Beaucoup de réactions aussi, dans la presse internationale, après ces résultats très attendus. The Washington Post observe que la victoire de Lula «freine le virage à droite de l’Amérique latine», empêchant «la plus grande démocratie de la région» de suivre ce mouvement, après une campagne «axée sur la crainte d'un recul démocratique et d'une érosion des libertés civiques». Mais le quotidien américain souligne que lors de son investiture, le 5 janvier prochain, Lula sera «confronté à un Congrès et à des gouverneurs de droite, élus dans un contexte de vague conservatrice plus large». The Financial Times évoque même le risque d’une «sévère gueule de bois»: «le quatrième mandat que Lula vient d'obtenir sera probablement aussi le plus difficile», prévient le quotidien britannique, qui cite «les batailles à venir avec le Congrès» mais également le «niveau d'endettement élevé» du Brésil, qui risque de réduire la marge de manœuvre de Lula. «Lula gagne, mais le Brésil qui le rendait invincible n’existe plus», écrit El Pais. Pour le quotidien espagnol, ce quatrième mandat «ouvre (aussi) la voie à une succession au sein de la gauche» brésilienne et «la contraint à répondre à un mécontentement face auquel ses anciennes formules ne sont plus efficaces» - des Brésiliens qui «ne veulent pas d'aide sociale, mais plutôt créer des entreprises, prospérer, et surtout, pouvoir payer leurs factures à la fin du mois».
D’une présidentielle à l’autre. En France, Marine Le Pen a lancé hier, à Orléans, sa campagne officielle pour 2027. Le Figaro indique que la candidate du RN place cette campagne sous le signe de la «renaissance», et que le mot «presque fondateur» de sa bataille est le mot «optimisme». Un terme en rupture avec le traditionnel discours de l’extrême-droite «sur le déclin de la France», d’après La Croix – qui juge cette nouvelle carte «surjouée». Marine Le Pen, elle, explique cet optimisme par le fait que son parti «n’a plus besoin de se battre sur les constats, (puisque) tout le monde est désormais d’accord» avec le RN. Tout le monde d’accord, enfin pas tout à fait, et certainement pas L’Humanité, qui dit avoir boycotté le discours de Marine Le Pen, et quitté la salle par solidarité, après que «des journalistes de Mediapart ont encore été agressés par le service d’ordre du RN». Mediapart, à l’origine des révélations sur des propos antisémites prêtés à Jordan Bardella, qui ne semblent toutefois pas émouvoir ses partisans, dont le soutien indéfectible laisse perplexe Le Soir. Pour le journal belge, «la véritable réussite de Marine Le Pen n’est pas tant d’avoir effacé les zones d’ombre de son parti, mais plutôt d’avoir contribué à les rendre secondaires aux yeux d’une partie de l’opinion, de la classe politique et médiatique». «Le RN n’a même plus besoin d’être respectable» constate le journal.
Marine Le Pen qui a dénoncé «le mobile abject du racisme» dans l’attentat de Trappes, qui a fait un mort et plusieurs blessés, vendredi. «Le racisme tue»: L’Humanité dénonce, lui, «la complaisance politique et médiatique avec la rhétorique de l’extrême-droite» qui a, selon lui, «installé un climat propice» à ce drame. Dans un entretien à Libération, le maire de Trappes apparenté socialiste, Ali Rabeh, exprime sa colère de voir certains élus «fissurer le pacte républicain», des médias laisser «une parole décomplexée et raciste se balader sur (les) plateaux». Mais il dit aussi en vouloir à la gauche qui a «tellement promis des choses avant de laisser tomber ceux qui ont cru au changement». Dans son édito, La Croix, le journal catholique estime que le fait que l’auteur présumé de l’attentat de Trappes ait évoqué les émeutes du 17 octobre pour expliquer son passage à l’acte, rappelle «la violence appelle la violence», mais que «rien, aucun prétexte, aucune différence de couleur de peau ou de religion ne justifie que l’on s’en prenne à la vie humaine».
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Source: France 24 · Hélène FRADE
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