Les prix du cobalt ont fortement chuté depuis cet été après avoir flambé en 2025 sous l'effet des restrictions mises en place par la RDC, le premier producteur mondial. Ces prix en baisse montrent que la Chine est de nouveau approvisionnée, et qu'elle s'apprête encore à recevoir des cargaisons.
Il faut avoir en tête que l'état de l'approvisionnement du marché chinois a un impact majeur sur les prix. Or les chiffres montrent qu'une partie de ce qui a été exporté par la RDC, sur les neuf premiers mois de l'année vers la Chine, a pris du retard pour arriver. Cela veut dire qu'il y a d'importants volumes encore dans le circuit logistique ou en transit, explique Tom Kavanagh, responsable de l'évaluation des prix des métaux pour l'Europe chez Argus Media.
Au fur et à mesure que ces quantités arrivent dans les ports chinois, la tension de ces derniers mois diminue, logiquement. Ces volumes sont aussi perçus comme un rempart temporaire à d'éventuels changements de réglementation en RDC. L'ARECOMS, l'Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques, n'exclut pas en effet d'ajuster les quotas « si le déséquilibre entre l'offre et la demande devait s'aggraver », comme le rapporte le site mines.cd.
Hausse du recyclage et faible demande
Le recul des prix est aussi lié à d'autres facteurs tels que les progrès de l'industrie du recyclage. La Chine pourrait produire désormais 20 à 25 000 tonnes de cobalt recyclé chaque année. L'autre facteur de baisse des prix, c'est la demande jugée « atone », pour reprendre le mot utilisé par l'Institut du cobalt, qui représente les industriels du secteur.
Les inquiétudes qui demeurent à court terme sur la production ne suffisent pas à stimuler les acheteurs chinois qui se montrent prudents. Peut-être parce que les stocks de certains produits sont excédentaires et doivent encore être consommés, pointe Tom Kavanagh.
Tous ces facteurs se traduisent sur les prix : selon l'Institut du cobalt, l'hydroxyde de cobalt – la matière première exportée de RDC – a perdu près de 43 % entre juillet et mi-octobre. Sur la même période, un autre produit, le sulfate de cobalt, a perdu plus de 35 % – et la forme métallique du cobalt 16 %.
L'Indonésie, facteur de baisse en 2027 ?
La production indonésienne pèse aussi sur les prix. En 2026, les volumes devraient baisser selon l'Institut du cobalt en raison de l'augmentation du prix de l'acide sulfurique, un produit très utilisé dans le pays pour extraire le cobalt, sous-produit des mines indonésiennes de nickel. En raison des difficultés sur le marché du soufre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les producteurs ont vu leur marge diminuer et certains ont levé le pied. Mais malgré ces incertitudes, Argus Media prévoit une augmentation des volumes qui seront mis sur le marché en 2027 et qualifie l'Indonésie de facteur « baissier majeur », pour les prix.
Une hausse de la production mondiale de 30 000 tonnes est attendue l'année prochaine selon les industriels du secteur. Mais production ne veut pas dire exportation, la régularité des expéditions sera un facteur qui aura, toujours, un impact sur les cours.
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Source: RFI · Marie-Pierre Olphand
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