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Les deux eglises de Cargese se font face, a gauche la paroisse grecque st Spiridon et a droite l'eglise de l'Assomption, dite latine, en Corse, le 4 octobre 2026. Rubrique Le Monde des religions
ALEXANDRA PADOVANI/HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

Par Alizée Vincent

Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 05h45

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ReportagePermettre à certains prêtres catholiques d’officier à la fois selon la tradition occidentale et selon les rites orientaux : le cas est exceptionnel mais reconnu par le Vatican. Pour la première fois, plusieurs prêtres birituels témoignent de cette pratique rare, qui élargit les horizons du catholicisme.

Il arrive à Mgr Antoine Forget, prêtre dans le diocèse d’Ajaccio, de foncer en voiture à travers les routes sinueuses du relief corse, pour enchaîner deux messes. Une cérémonie à 9 h 30 à Piana, puis une autre à 11 heures, à Cargèse, à vingt-cinq minutes de trajet. La première en français, devant des fidèles catholiques du rite latin – majoritaire dans le monde. La seconde, en grec ancien, devant des fidèles catholiques du rite oriental byzantin.

Passer de l’une à l’autre, « c’est vraiment ric-rac, surtout l’été, à cause de la circulation ». Il doit, en plus, changer d’habits liturgiques. Il admet un peu de stress : « Je ne veux pas faire attendre les fidèles. » Antoine Forget est l’un des rares prêtres autorisés à opérer cette métamorphose en France : il est l’un des seuls à être « birituel », c’est-à-dire autorisé à célébrer les offices dans plusieurs des sept rites pratiqués au sein de l’Eglise catholique.

Ils se divisent en deux familles. D’un côté, l’Eglise romaine et son rite dit « latin » – qui n’a rien à voir avec la messe tridentine en langue latine. De l’autre, les Eglises orientales, qui se partagent en six rites. Mal connue, la biritualité (ou le « biritualisme ») aide les communautés minoritaires à vivre leur foi et permet d’assouplir le fonctionnement d’une Eglise catholique en déclin.

Difficile d’établir le nombre de prêtres birituels en France. La Conférence des évêques de France déclare ne pas disposer de chiffres. « Dans le monde, il y en a des milliers », lance au téléphone Mgr Elie Warde, depuis l’Egypte, où il vit. Il est évêque syriaque catholique du Caire et vicaire patriarcal au Soudan, mais a longtemps officié en France, où il alternait rite syriaque et rite latin. C’était une « expérience géniale ». La biritualité permet, selon lui, de « créer des ponts malgré les particularités et d’œuvrer à l’ouverture entre les croyants ». Dans l’Hexagone, il y a « plusieurs dizaines » de prêtres birituels, estime Jean-Marie Humeau, vicaire épiscopal des Eglises catholiques orientales en France, lui-même birituel.

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Source: Le Monde · Alizée Vincent

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