Francis Pousse, président national des distributeurs de carburants et d'énergies nouvelles chez Mobilians, dénonce un choix gouvernemental de privilégier les "gros" distributeurs, et alerte sur des risques de fermeture de petites stations.

Radio France

Publié le 01/11/2026 12:55

Temps de lecture : 2min

Une station-service indépendante à Paris le 1er octobre 2026 (CG / MAXPPP)
Une station-service indépendante à Paris le 1er octobre 2026 (CG / MAXPPP)

"Le gouvernement a fait le choix de privilégier les plus gros" distributeurs dans la mise à disposition des stocks stratégiques de gazole, dénonce dimanche 1er novembre sur franceinfo Francis Pousse, président national des distributeurs de carburants et d'énergies nouvelles chez Mobilians, qui représente notamment les stations-services indépendantes. Il alerte sur des risques de fermeture de petites stations, notamment en milieu rural, faute de pouvoir répercuter les baisses de prix annoncées par les grandes enseignes.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, les petits grossistes locaux qui approvisionnent notamment les stations-services rurales "n'ont pas reçu les stocks stratégiques et donc ne peuvent pas baisser les prix", alerte Francis Pousse. Une situation "totalement contraire" aux engagements pris auprès du secteur, notamment par le cabinet du Premier ministre, qui avait assuré vouloir garantir une égalité de traitement sur l'ensemble du territoire.

Le représentant des distributeurs indépendants redoute une concurrence insoutenable pour les petites stations, qui risquent de devoir maintenir des prix autour de 2,50 euros le litre pendant encore plusieurs semaines, face à des gros distributeurs qui peuvent baisser leurs prix. Pour préserver l'avenir des petites stations, "la consigne que j'ai donnée à certains qui n'en peuvent plus, c'est de ne pas commander le carburant pour l'instant", affirme Francis Pousse, avec la possibilité que certaines se retrouvent "portes closes", notamment en zone rurale. "Elles ne peuvent pas se mettre en danger", assume-t-il, évoquant le risque de se retrouver avec "zéro client" et des stocks de carburant à payer.

Il craint désormais une accélération des fermetures définitives de stations-services. Alors que 50 à 80 établissements disparaissent habituellement chaque année, il redoute que ce chiffre soit "multiplié par deux ou par trois en 2026". Pour éviter cette situation, il réclame d'"accélérer cette mise à disposition de stocks stratégiques auprès des petits fournisseurs", une mesure devenue "vitale" à ses yeux.

Reçu mardi prochain à Bercy, Francis Pousse compte demander au gouvernement de respecter ses engagements. "Ça suffit de subir, il faut vraiment des actes", prévient-il.

"Je ne peux pas laisser la partie de mes adhérents qui ne sont pas sous pavillon TotalEnergies dépérir comme ça. C'est absolument impensable."

Francis Pousse

sur franceinfo

L'aide proposée par l'État, sous la forme d'un prêt dont les intérêts sont pris en charge dans la limite de 5 000 euros par station, ne suffit pas, selon lui. "Ce qu'on demandait, c'était une subvention qui était destinée à permettre de baisser les marges tout de suite", rappelle-t-il. Depuis le début de la crise, les petites stations ont perdu "entre 20 et 40% de volume", assure Francis Pousse. "Allez demander des sous à la banque alors que déjà votre situation de trésorerie est plus que délicate", raille le représentant. "C'est un vrai problème".

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