Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Chaque semaine, une sélection de parutions récentes, au-delà des titres phares.
Article réservé aux abonnés
Cinq romans, deux récits, deux livres de poésie, une étude littéraire et un essai d’histoire et un de philosophie : voici les brèves critiques de douze ouvrages notables de la rentrée littéraire en cette quarante-quatrième semaine de l’année.
Philosophie. « Ménagères », de Peggy Avez
La philosophe Peggy Avez s’attache ici à penser la richesse épistémique des activités de récurage et d’astiquage. S’efforçant de maintenir, tout au long de son texte, l’effort de ne pas confondre la dénonciation de l’aliénation domestique des femmes et la dévalorisation du nettoyage, reposant elle-même sur des préjugés misogynes, elle démontre ainsi que le ménage reste « l’expérience la plus nécessaire et la plus charnelle de nos environnements immédiats ». Il apparaît alors indispensable à quiconque prétendrait penser le réel, permettant aussi bien de clarifier des réflexions ou de prendre des décisions que de « faire durer les choses » ou de « tourner les pages de nos existences ». Surtout, l’autrice affirme que ceux, et surtout celles, qui nettoient participent à « fabriquer l’habitabilité du monde » – condition première de toute pensée. So. Be.
« Ménagères. L’art de penser avec une serpillière », de Peggy Avez, Les Pérégrines, « Genre », 220 p., 20 €, numérique 14 €.
Poésie. « Obliques », de Victoire de Changy
« J’écris pour voir », note Victoire de Changy dans Obliques, le petit livre poétique qu’elle fait paraître chez L’Arbre de Diane. Pour l’écrivaine belge, cela signifie tout à la fois « désopacifier [l]es choses » et « débarrasser les phrases des objets qu’elles nomment ». A ses yeux, la langue est l’endroit d’une opération de clarification qui se révèle constamment obsolète. Les phrases nécessitent d’être toujours recommencées. Pourtant, dans les morceaux de prose qu’elle nous donne à lire, elle parvient à fixer, en un geste presque photographique, des moments précis de la tristesse – quand elle se transmue « très discrètement, par son côté, en une forme de colère ». Et aussi de la fatigue, lorsque, certains jours, son poids provoque des « sommeils océaniques ». Il y a quelque chose de léger et grave dans cette suite de réflexions ; à l’image des propos, rapportés par l’autrice, de sa fille de 3 ans : « Les licornes qui n’existent pas me manquent. » L. Hu.
Il vous reste 84.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source: Le Monde · Christine Lecerf, Elena Balzamo, Lanwenn Huon, Pierre Deshusses, Carla Spodek, André Loez, Sophie Benard, Amaury da Cunha, Abel Mestre, Jérôme Gautheret
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira