À Toulouse, de plus en plus de parents d'élèves se mobilisent devant les lycées bloqués. Objectif : permettre à leurs enfants d'assister aux cours. Après le lycée Bellevue, puis Toulouse-Lautrec cette semaine, c'est au lycée Saint-Sernin qu'une telle action a eu lieu ce vendredi 6 novembre 2026. Des initiatives critiquées par un collectif de professeurs qui dénoncent l'attitude de ces adultes.
C'est un des établissements toulousains où la mobilisation est la plus forte depuis le début du mouvement lycéen. Depuis des semaines, le lycée Saint-Sernin, au centre-ville, est le théâtre de blocages réguliers. Une situation que certains parents d'élèves ont de plus en plus de mal à accepter. Ce vendredi 6 novembre 2026, vers 6 heures 30 du matin, une vingtaine d'entre eux sont allés devant ce lycée pour permettre à leurs enfants d'assister à leurs cours.
"On est arrivés tôt parce qu'on voulait rassembler autant de poubelles que possible pour les mettre à l'abri, pour qu'elles ne soient pas utilisées pour un blocage. Le mot d'ordre c'était absolument aucun contact, aucune violence. On était là de façon totalement pacifique et dans le meilleur des cas on arrivait à faire passer les élèves à 8h" raconte Elisa Hellwig, secrétaire adjointe de l'UA PEEP Midi-Pyrénées, une association de parents d'élèves. Finalement certains d'entre eux iront en cours, mais impossible de savoir combien.
Pour autant, ces parents d'élèves ne se désolidarisent pas du mouvement. Mais ils prônent un autre mode d'action. " Les blocages, ça prive d'éducation des élèves qui ont droit à l'éducation. Et la pression de Parcoursup, elle n'a pas disparu. " explique cette représentante de parents d'élèves (PEEP 31) du Lycée Saint-Sernin. "Bien sûr qu'on soutient les revendications. Mais ces blocus se prolongent et ça commence à devenir vraiment gênant. Pour les élèves vulnérables, il y a un risque psychosocial très élevé. On a beaucoup de témoignages de familles qui disent que leur enfant n'est pas bien, qu'il est isolé, qu'il est à la maison, il ne fait rien, il va à l'école et puis la pression monte parce qu'il voit bien qu'il perd du temps alors que le reste de la France continue à étudier. Mais ils n'osent pas le dire" témoigne Elisa Hellwig.
Au Lycée Bellevue aussi, des parents d'élèves se sont mobilisés pour permettre à leurs enfants d'aller en classe (archives). • © FTV
Situé en face de l'université Paul-Sabatier – où de nouvelles tensions ont éclaté aujourd'hui entre étudiants et forces de l'ordre -, le lycée polyvalent Bellevue a aussi été le théâtre de tensions entre parents d'élèves et des lycéens qui bloquaient l'établissement. Selon les informations que nous avons recueillies, ce lundi 2 novembre 2026, une dizaine d'adultes, parents d'élèves scolarisés à Bellevue, sont intervenus à l'entrée du lycée pour que leurs enfants puissent assister aux cours. Des parents qui ont même lancé une pétition sur internet (qui a recueilli 250 signatures à ce jour) pour demander la levée du blocus de ce lycée.
Blocus des lycées : à Toulouse, un collectif de parents veut que «les cours reprennent» https://t.co/LFegvDCznj
— Europe 1 (@Europe1) November 3, 2026
Une attitude dénoncée par un collectif d'enseignants de ce lycée polyvalent, solidaires avec les "bloqueurs". "Ils ont ce jour-là (lundi 2 novembre 2026) dépassé des limites morales et légales en venant confronter nos élèves qui sont majoritairement mineurs. Les adultes qui sont intervenus ce jour-là n’avaient pas le droit d’interpeller, d’insulter, de toucher, de bousculer, de déplacer physiquement nos élèves (...)." soulignent-ils dans un communiqué transmis à la presse. "Nous exigeons que les droits de nos élèves soient respectés, leurs droits de citoyens en devenir, leurs droits d’enfants. Ils doivent être écoutés, respectés, protégés" concluent-ils.
Depuis la rentrée scolaire, ces actions de parents d'élèves se multiplient à Toulouse. Mercredi 4 novembre, cette fois au lycée Toulouse-Lautrec, quelques parents d'élèves ont accompagné leur enfant, entourés d'un cordon de policiers en civil. Jusqu'à l'intérieur de l'établissement.
À Saint-Sernin, une réunion est prévue lundi prochain. Elle doit réunir toutes les parties en présence (parents d'élèves, représentants d'élèves, professeurs, proviseur...) afin de trouver une solution, qui saura satisfaire tout le monde. deux camps qui aujourd'hui semblent opposés.–,
Source: Franceinfo · Christophe Neidhardt
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