Pour la première fois depuis les attaques du 7 octobre 2023, les Israéliennes et Israéliens sont appelés aux urnes le 27 octobre pour élire les 120 membres de la Knesset, et ce alors que le Moyen-Orient est profondément bouleversé par trois années de guerre à Gaza et par la guerre avec l'Iran.

Selon un sondage publié dimanche 4 octobre par le radiodiffuseur public israélien KAN, les partis de l’opposition israélienne remporteraient 52 sièges contre 51 pour la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais aucun des deux camps n’obtiendrait les 61 sièges nécessaires pour disposer d’une majorité à la Knesset.

Le parti Yashar de Gadi Eisenkot conserverait la tête avec 23 sièges, suivi par le Likoud de Netanyahu avec 21 sièges.

Un autre sondage de Direct Polls, publié jeudi 1er octobre par i24News, estimait quant à lui le Likoud de l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu en tête avec 28 sièges, devant Yashar, crédité lui de 22 sièges. Loin derrière, l'alliance de Naftali Bennett et Yahir Lapid obtiendrait neuf sièges, à égalité avec Les Démocrates.

Selon ce sondage aussi, les différents blocs échouent à obtenir 61 sièges.

Des projections qui illustrent toute la particularité du système électoral israélien : arriver en tête ne suffit pas nécessairement pour gouverner. Encore faut-il être en mesure de rassembler une majorité à la Knesset.

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• Comment les Israéliens élisent-ils leur Parlement ?

Les électeurs ne choisissent pas directement le Premier ministre : ils votent pour une liste présentée par un parti ou une alliance de partis, et non pour un candidat dans une circonscription. Les 120 sièges de la Knesset sont répartis à la proportionnelle sur une circonscription unique couvrant l'ensemble du territoire, entre les listes ayant obtenu au moins 3,25 % des suffrages exprimés.

Chaque liste a déjà classé ses candidats : si elle obtient 20 sièges, ce sont les 20 premiers de la liste qui entrent à la Knesset.

Avec la proportionnelle et le nombre de partis représentés, un seul parti n'obtient pratiquement jamais cette majorité. Le gouvernement repose donc généralement sur une coalition de plusieurs partis.

En 2022, 40 listes s'étaient affrontées.

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• Comment se forme le gouvernement après les élections ?

Après le scrutin, le président (actuellement Isaac Herzog) consulte les partis et charge un député (pas forcément le chef du parti arrivé en tête) de former un gouvernement.

Ce député dispose alors de 28 jours (avec une prolongation possible de 14 jours) pour négocier une coalition.

L'objectif étant de rassembler une majorité de 61 députés, les petites formations – comme les partis arabes, ou les ultraorthodoxes – peuvent jouer un rôle décisif.

En 2021, au terme de quatre élections en moins de deux ans, Benjamin Netanyahu avait échoué à former un nouveau gouvernement. Naftali Bennett avait alors accédé au poste de Premier ministre en étant à la tête d'une coalition hétéroclite, alors même que sa formation n'avait obtenu que sept sièges.

La bataille pour gouverner se joue donc surtout après les élections.

Une fois formé, le gouvernement doit ensuite obtenir la confiance de la Knesset. En cas d'échec, d'autres tentatives sont possibles. Et si aucune n'aboutit, les électeurs retournent aux urnes jusqu'à arriver à la formation d'un gouvernement.

• Que s’était-il passé lors du dernier scrutin ?

Les dernières élections législatives avaient été convoquées en novembre 2022. La coalition de Naftali Bennett, qui ne possédait qu'une majorité très courte à la Knesset, avait fini par se désagréger, entraînant la dissolution de la Knesset.

Le Likoud était arrivé en tête avec 23,4 % des voix et 32 sièges sur les 120 du Parlement, devant le parti Yesh Atid (centriste, laïc) de Yair Lapid (24 sièges).

Benjamin Netanyahu pouvait alors compter sur une majorité claire grâce à ses alliés : la liste Sionisme religieux-Otzma Yehudit (14 sièges), le parti ultraorthodoxe séfarade Shas (11) et Judaïsme unifié de la Torah (7). Son bloc totalisait ainsi 64 députés et disposait donc de la majorité absolue.

Cette victoire en sièges avait notamment été favorisée par l'échec de Meretz et du parti arabe Balad à franchir le seuil électoral de 3,25 %, laissant leurs électeurs sans représentation à la Knesset.

Benjamin Netanyahu avait ainsi pu revenir au pouvoir et former, fin décembre 2022, une coalition réunissant la droite, l'extrême droite nationaliste et les partis ultraorthodoxes.

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• Quel rapport de force pour 2026 ?

L’actuelle coalition au pouvoir est composée du Likoud – en fonction de façon presque ininterrompue depuis 2009 –, de partis religieux et d'ultranationalistes.

Mais si le parti reste populaire parmi les électeurs, Benjamin Netanyahu ne dispose plus, à ce stade, d’un bloc majoritaire évident.

Si Gadi Eisenkot, autour duquel l'opposition s'est restructurée, ne réussit pas à réunir 61 soutiens, et si Benjamin Netanyahu n'y parvient pas non plus, l'État hébreu pourra se retrouver dans une impasse politique. Or, tant qu'un nouveau gouvernement n'est pas investi, le gouvernement sortant reste en fonction.

PortraitGadi Eisenkot, l'ancien chef de l'armée qui veut détrôner Netanyahu

Source: France 24 · Pauline ROUQUETTE

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