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Les élections législatives du 27 octobre n’ont dégagé aucune majorité, ni pour la coalition sortante du premier ministre israélien sortant, qui a obtenu 53 sièges, ni pour le bloc de l’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot, qui en compte 48.

Benyamin Nétanyahou au siège du Likoud, le 27 octobre 2026.

Le premier ministre israélien sortant, Benyamin Nétanyahou, a appelé, lundi 2 novembre, à la formation d’une large coalition gouvernementale sans les partis arabes, et en a revendiqué la direction au vu de la première place remportée au Parlement par son parti, le Likoud.

« Nous cherchons à établir un gouvernement élargi avec nos partenaires et avec tout parti qui souhaite nous rejoindre et ne soutient pas le terrorisme. Je suis ouvert à un dialogue à ce sujet », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur Telegram. Il a accusé les deux principales formations arabes, la Liste arabe unie et Raam, qui ont réalisé un score historique, de « soutenir le terrorisme et nier l’existence de l’Etat juif ».

Les élections législatives du 27 octobre n’ont dégagé aucune majorité, ni pour la coalition sortante de Benyamin Nétanyahou, qui a obtenu 53 sièges, ni pour le bloc de l’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot, qui en compte 48. Il faut au moins 61 députés pour contrôler la Knesset. Avec respectivement 11 et huit sièges, la Liste arabe unie et Raam pourraient jouer un rôle décisif dans la formation du prochain gouvernement.

« Quiconque est vraiment déterminé à remplacer ce gouvernement a l’obligation d’accepter la réalité politique : les voix de la Liste arabe unie pourraient s’avérer décisives », a déclaré à l’Agence France-Presse le chef de file de la Liste arabe unie, Youssef Jabareen. « Une opportunité de changement se présente, et nous sommes réellement disposés à contribuer à sa concrétisation, et à mettre fin au pouvoir de Nétanyahou », a-t-il ajouté.

Alliance avec les partis arabes

Les dirigeants du principal bloc de l’opposition doivent se réunir mardi pour tenter de constituer une majorité, a annoncé lundi le parti Yashar de Gadi Eisenkot. Il s’agira de leur première réunion depuis le scrutin, alors que peu d’informations ont filtré sur les tractations engagées entre les différentes formations. La perspective d’une alliance avec les partis arabes divise le bloc : si le dirigeant de gauche, Yaïr Golan, y est favorable, celui de droite, Avigdor Liberman, s’y oppose fermement.

Le président israélien, Isaac Herzog, doit recevoir mercredi et jeudi les représentants des partis pour des consultations en vue de désigner un candidat chargé de former un gouvernement. Contrairement à Raam, qui n’exclut pas d’intégrer une coalition dirigée par Gadi Eisenkot, la Liste arabe unie privilégie un soutien extérieur à un éventuel gouvernement minoritaire. « Nous sommes prêts à tendre la main en soutenant toute législation ou décision qui fait progresser notre vision politique », a expliqué Youssef Jabareen.

Ce dernier estime qu’une « vraie marge de discussions » existe avec l’opposition sur certains sujets, notamment l’insécurité dans les villes arabes israéliennes. Il prévient toutefois que tout accord devra également apporter des réponses « positives » sur des questions plus sensibles, comme « les destructions à Gaza » ou « le terrorisme de colons en Cisjordanie » occupée. « Nous n’en sommes pas encore au point de discuter de cela », a-t-il reconnu.

Les deux listes arabes ont obtenu un score historique grâce à la forte mobilisation de la minorité arabe israélienne, qui représente environ 20 % de la population du pays et subit d’importantes discriminations. Malgré cette percée, une grande partie de l’opposition reste réticente à toute alliance, redoutant de braquer une partie de l’électorat juif. Pour Youssef Jabareen, le scrutin a néanmoins permis « de faire prendre conscience à notre communauté de la force de sa participation politique ». La minorité arabe est désormais, selon lui, « une force politique centrale » en Israël.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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