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La France emprunte nettement plus cher que l’Allemagne, considérée comme l’emprunteur le plus sûr de la zone euro, dont le taux à dix ans était à 3,41 % vers 11 h 05, mercredi.
Le taux auquel la France emprunte sur dix ans a dépassé, mercredi 21 octobre, le seuil symbolique de 5 % pour la première fois depuis 2002, les violences du week-end du 17 au 18 octobre ont renforcé les doutes des investisseurs sur la capacité du pays à redresser ses comptes.
Vers 11 h 05, le rendement de l’obligation française à dix ans atteignait 5,005 %, contre 4,926 % la veille en clôture.
L’écart avec le taux allemand, considéré comme la référence en Europe, s’établissait à 1,57 point de pourcentage. Mardi, il avait déjà atteint 1,53 point à la clôture de la séance, à son plus haut niveau depuis novembre 2011.
Cet indicateur, baptisé « spread » dans le jargon financier, mesure la méfiance des investisseurs. Plus il est élevé, plus la France paie cher pour se financer par rapport à l’Allemagne, considérée comme l’emprunteur le plus sûr de la zone euro.
La France emprunte même à un taux nettement plus cher que l’Italie (4,57 % vers 11 h 15) et l’Espagne (4,06 %), deux pays longtemps considérés comme les maillons faibles de la zone euro.
Compromis difficile
Le 1er octobre, le taux français avait frôlé les 5 %, à 4,96 % en séance, avant de finalement retomber à 4,92 % à la clôture, après la présentation du projet de budget pour 2027. Ce texte prévoit 43 milliards d’euros d’efforts nouveaux pour ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut en 2027.
Un compromis paraît toutefois difficile dans un Parlement profondément divisé et à quelques mois de l’élection présidentielle.
Depuis, la mobilisation nationale du 17 octobre marquée par des pillages et des émeutes dans de nombreuses villes en France a remis la question du pouvoir d’achat, des économies et de la dette française au premier plan. « Il y a peu de chances d’un assainissement budgétaire réaliste en France avant l’élection présidentielle de mai 2027 », estime la banque suisse UBP dans une note publiée mercredi.
Cette envolée du taux d’emprunt à dix ans renchérit le coût de la dette publique. A terme, elle pèse aussi sur les taux des crédits immobiliers et des prêts aux entreprises, qui s’alignent en partie sur ce taux de référence. « La situation pourrait encore se dégrader avant de s’améliorer », jugent les analystes d’UBP.
L’agence Moody’s doit réexaminer, vendredi, la note de la France. Elle la classe actuellement AA3, avec une perspective négative, ce qui signifie qu’elle envisage de l’abaisser.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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