Sur les principales artères de la capitale sénégalaise, le jeune lion Ayo est visible partout. La mascotte des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), chapeau de paille traditionnel – le tingandé – vissé sur la tête, affiche un large sourire. La corniche, l’autoroute, la Voie de dégagement nord (VDN) et les voies du Bus rapid transit (BRT), sont ornées d'oriflammes, d'affiches et de décorations mettant en avant le slogan des Jeux olympiques de la jeunesse : "L’Afrique accueille, Dakar célèbre".

Place du Souvenir africain, sur la côte ouest de la presqu'île dakaroise, les travaux se déroulent 24 heures sur 24. Des ouvriers s'affairent à aménager le Parcours sportif du Dragon, une structure de 300 mètres de long qui doit être livrée avant le début des compétitions. "On se donne à fond, on travaille sous le chaud soleil pour terminer les travaux dans les délais", nous lance l'un d'entre eux, en pleine installation d'un poteau devant soutenir des balançoires.

À quelques mètres de lui, d’autres ouvriers appliquent de la peinture sur l’asphalte pour que la route retrouve ses lignes discontinues, effacées par l’usure et le temps. Un marquage au sol en amont de l'épreuve de cyclisme sur route prévue le 8 novembre sur cette artère majeure de la capitale sénégalaise, qui borde l'océan Atlantique.

Le chantier du Parcours sportif du Dragon, long de 300 mètres, sur la corniche ouest de Dakar (Sénégal).
Le chantier du Parcours sportif du Dragon, long de 300 mètres, sur la corniche ouest de Dakar, au Sénégal. © Elimane Ndao, France 24

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Des infrastructures déjà existantes

Dakar, mais aussi Diamniadio et Saly : trois villes doivent accueillir les JOJ. Le Sénégal va s'appuyer en grande partie sur des infrastructures déjà existantes, notamment les deux stades modernes se trouvant dans la nouvelle ville de Diamniadio, en périphérie de la capitale. D'abord, le stade Abdoulaye-Wade, dont l'architecture s'inspire de l’Allianz Arena de Munich et qui abrite traditionnellement les matchs de l’équipe nationale de football du Sénégal. Il doit accueillir la cérémonie d’ouverture des Jeux, le 31 octobre, ainsi que les épreuves de tir à l'arc. Ensuite, à environ un kilomètre, la Dakar Arena, enceinte omnisport inaugurée en 2018, où se dérouleront les épreuves de badminton et de futsal.

Plusieurs autres infrastructures ont dû être rénovées ou construites. C’est le cas du complexe Iba Mar Diop, dans le quartier populaire de la Medina, qui sera l’un des points chauds des JOJ car accueillant l'athlétisme, le rugby à 7 et le taekwondo. Le Complexe Tour de l'Œuf, dans le quartier résidentiel du Point E, a dû également faire peau neuve. Il verra notamment les meilleurs jeunes nageurs du monde parcourir les 50 mètres de longueur de sa piscine olympique en plein air, entièrement remise à neuf. Les Jeux feront également vibrer Saly, la station balnéaire située au sud de Dakar, avec des épreuves nautiques et de plage : aviron de mer, beach handball, lutte de plage, planche à voile et volleyball de plage.

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Jeux de lumière

Sur l’avenue du Président Habib Bourguiba, artère qui traverse la capitale d'est en ouest, des jeux de lumière et des décorations scintillantes aux motifs olympiques se dévoilent à la tombée de la nuit. "On est sur un programme de 2 500 décors, déployés dans toute la ville de Dakar, notamment sur les poteaux électriques", souligne Mbar Ndiaye, directeur technique de l'entreprise ERT, venu inspecter avec ses équipes le bon fonctionnement des lampes et les décors suspendus. "On a aussi des décors 3D, avec la mascotte Ayo pratiquant les différents sports des Jeux."

L'avenue du Président Habib Bourguiba et la mascotte Ayo sur un panneau d'affichage de Dakar (Sénégal).
L'avenue du Président Habib Bourguiba et la mascotte Ayo sur un panneau d'affichage de Dakar, au Sénégal. © Elimane Ndao, France 24

Les Jeux olympiques de la jeunesse ont permis à la ville de Dakar de rénover son éclairage public mais aussi plusieurs axes routiers dégradés. "De façon globale, la ville de Dakar a atteint 99 % de ses objectifs. Il nous reste quelques petites retouches", juge, enthousiaste, le maire Abass Fall alors qu'il inaugure une installation sportive samedi 24 octobre sur la corniche de la capitale.

L'édile reconnaît que les JOJ ont représenté un accélérateur pour plusieurs projets de la ville. "Nous allons continuer dans cette dynamique d’embellissement, d’éclairage et de construction d’infrastructures", assure-t-il.

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Fin des travaux à temps ?

Si la majorité des chantiers de ces Jeux qui doivent relancer l'attractivité de Dakar ont déjà été livrés, les travaux sont cependant toujours en cours à la Médina. Les voies menant vers le complexe Iba Mar Diop n’ont été que partiellement rénovées. Des travaux de bitumage et d’assainissement sont en cours, avec pour objectif une livraison dans les prochains jours, avant le début des épreuves.

"J'espère qu’on verra le bout du tunnel", lance Seydou, un habitant du quartier, perplexe. "Ces travaux qui durent depuis plusieurs mois ont rendu la circulation chaotique à la Médina. J’ai encore des doutes, je me demande si les travaux seront réellement livrés à temps", ajoute ce quadragénaire, qui manifeste par ailleurs son envie d’accueillir chez lui les jeunes athlètes venus des quatre coins du monde.

Ces Jeux vont se tenir en pleine crise financière au Sénégal et sur fond de conflit politique entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien mentor, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, à couteaux tirés depuis leur séparation officielle en mai. Les deux semaines de compétitions qui s'ouvrent samedi s’annoncent comme une parenthèse enchantée pour le pays.

Source: France 24 · Elimane NDAO

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