Un projet dénoncé par l'organisation #AfghanEvac. Les autorités talibanes ont fait part, lundi 2 novembre, de leur "profonde inquiétude", suite à l'annonce de l'administration Trump de son projet d'expulser des dizaines de migrants afghans vers le Pakistan, en vue de leur retour ultérieur en Afghanistan.
"L'Émirat islamique d'Afghanistan exprime sa profonde inquiétude face aux informations selon lesquelles les États-Unis auraient l'intention d'expulser vers le Pakistan certains réfugiés afghans qui n'ont pas encore pu obtenir de titre de séjour légal dans ce pays", a déclaré Abdul Qahar Balkhi, porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, dans un communiqué.
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Selon des informations relayées vendredi par le New York Times, plus de 150 Afghans pourraient être expulsés vers l'Afghanistan, contrôlés par les autorités talibanes, via le Pakistan.
Parmi eux figurent des personnes, ainsi que leurs familles, qui ont apporté leur aide aux forces américaines avant leur retrait en 2021, selon le quotidien américain.
Vague d'expulsion des réfugiés afghans
Ce projet est dénoncé par l'organisation #AfghanEvac, qui œuvre à la protection et à la réinsertion des anciens alliés afghans de Washington durant les deux décennies de guerre qui ont opposé de 2001 à 2021 les États-Unis et les forces de l'ex-République afghane aux insurgés talibans.
Bien que les États-Unis ne puissent pas organiser d'expulsions directes vers l'Afghanistan, des responsables ont indiqué au journal que le Pakistan superviserait leur renvoi vers ce pays.
Ces dernières années, l'Allemagne et la Turquie ont également expulsé des ressortissants afghans directement vers l'Afghanistan, malgré les inquiétudes exprimées par les organisations de défense des droits humains quant aux risques encourus par les personnes de retour.
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Abdul Qahar Balkhi a indiqué que les autorités talibanes exhortaient "les États-Unis à adopter une approche responsable et mesurée à cet égard, et à prendre toute décision et mesure concernant le sort des citoyens afghans avec une compréhension mutuelle claire, une coordination nécessaire et en tenant compte des droits et des demandes légitimes des personnes concernées".
"La partie afghane est prête à interagir à cet égard d'une manière pratique et fondée sur la compréhension mutuelle, en prenant la mesure des réalités existantes et en tenant compte des préoccupations légitimes des deux parties", a-t-il ajouté.
Amnistie théorique
Le gouvernement taliban a déclaré une amnistie pour les personnes ayant servi dans les institutions de l'ex-République afghane, mais l'ONU a documenté plusieurs arrestations ces dernières années.
L'Afghanistan et le Pakistan sont en conflit ouvert depuis octobre 2025, quand des combats avaient fait des dizaines de morts et abouti à la fermeture quasi totale de leur frontière terrestre.
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Après diverses médiations, les affrontements avaient diminué sans totalement cesser, puis ont viré à la guerre ouverte fin février.
Le Pakistan accuse les autorités talibanes afghanes d'abriter et de soutenir le mouvement jihadiste Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), créé en 2005 et auteur d'attaques meurtrières sur le sol pakistanais, ce que ces dernières démentent.
Avec AFP
Source: France 24 · FRANCE 24
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