À la frontière canadienne, les bûcherons du Maine subissent la hausse des prix du carburant et les conséquences de la guerre commerciale menée par Donald Trump. À l'heure des élections de mi-mandat, certains restent pourtant fidèles aux républicains.

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Radio France

Publié le 03/11/2026 08:13 Mis à jour le 03/11/2026 11:43

Temps de lecture : 2min

Dans une exploitation forestière dans le Maine aux etats-Unis, le 13 octobre 2026. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Jour J aux États-Unis. Les Américains sont appelés à voter mardi 3 novembre lors d'élections de mi-mandat décisives pour les deux dernières années de Donald Trump à la Maison Blanche. Parmi les États les plus scrutés, il y a le Maine, où Susan Collins, sénatrice républicaine depuis trente ans, prend ses distances avec Donald Trump. Elle y affronte Troy Jackson, un démocrate qui prône le vote sanction contre le président républicain.

Le Maine est un État rural, frontalier du Canada, l'un des plus boisés du pays. Justement, alors que les prix du carburant explosent, la guerre commerciale entre les États-Unis et le voisin canadien n'épargnent pas les bûcherons. Franceinfo a rencontré l'un d'entre eux, Jamie, dans la petite ville de Jackman, non loin de la frontière et du Québec.

Évidemment, la maison de Valerie et Jamie est en bois. Pour arriver à Jackman, il faut traverser une forêt qui s'étend à l'infini. Le Québec est à une demi-heure de route. Jamie Shelley, 57 ans, issu d'une famille de bûcherons sur trois génération. Sa mère est canadienne. Il propose de monter dans son pick-up pour aller visiter la scierie juste à côté. On voit alors un engin forestier garé devant. "Je dirais qu'on tourne autour de 400 dollars pour faire le plein de carburant en ce moment, estime-t-il. Je dépense environ 3 000 dollars par semaine. On est passé de dix employés à seulement deux. Un pneu pour un engin forestier coûte 4 000 dollars et les chenilles qui entourent les pneus, 14 000 dollars." Ces pièces détachées viennent du Canada.

Jamie Shelley, 57 ans, est issu d'une famille de bûcherons sur trois génération. (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Malgré la guerre commerciale, malgré le prix des carburants, Jamie reste fidèle à Susan Collins, la sénatrice républicaine qui brigue un sixième mandat dans le Maine. "Je suis républicain, mais je ne suis pas de droite, assure-t-il. Je ne suis pas non plus un partisan de la mouvance MAGA. Je n'aime pas l'extrême gauche. Si je vais trop loin d'un côté de la route, je finis dans le fossé. Si je vais vers l'autre côté de la route, il y a un fossé aussi. Susan Collins, je la soutiens parce qu'elle est au milieu de la route. Ici, Susan Collins a obtenu des financements pour les pompiers. Le problème, ce sont les droits de douane. J'ai des amis et de la famille des deux côtés de la frontière. Certains de mes grands-parents sont enterrés ici, d'autres au Canada."

"Je n'aime pas le manque de stabilité. Je pense qu'il est nécessaire que les esprits s'apaisent et qu'on se réunissent autour d'une table pour discuter."

Jamie Shelley, 57 ans

à franceinfo

Jamie est en quête de compromis quand les temps sont durs, mais il en a vu d'autres : "Des fois, tu manges un hamburger avec du fromage. Des fois, c'est juste un sandwich de fromage. Ça, c'est la vie d'un bûcheron. Une vie modeste". Pour l'aider à boucler ses fins des mois, il peut toujours compter sur ses érables avec lesquels il produit du sirop.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Benjamin Illy

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