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Lourd à porter, banal ou original, objet de fierté ou de honte… Nous vivons tous avec un prénom. Oui, mais comment ? Jacques A., 72 ans, qui habite à Saint-Sixt (Haute-Savoie), a récemment compris, grâce à son prénom et à quelques recherches historiques, qu’il n’était pas, pour ses parents, un second choix.
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Jacques A. est né en 1949, quatre ans après la fin de la seconde guerre mondiale. Il ne sait pas pourquoi on l’a appelé Jacques. Ses parents sont peu loquaces. A l’âge de 10 ou 11 ans, ses parents lui demandent d’apporter son livret de famille à l’école. Sur le chemin, Jacques l’ouvre et découvre l’existence d’un frère : Jean-Pierre, né en 1944 et mort cinq jours après sa naissance. « Je n’étais, dès lors, plus enfant unique. »
La découverte de ce drame alimente la curiosité du petit Jacques. Il se questionne sur ses origines. « Je me disais : si mon frère n’était pas mort, est-ce que j’aurais existé ? J’avais besoin de sentir, d’une certaine manière, que j’étais un enfant désiré, et que mes parents ne m’avaient pas fait juste parce que mon frère était mort. Je voulais en savoir plus sur mon prénom. »
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Source: Le Monde · Djaïd Yamak
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