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Longtemps en froid avec Pékin, Pyongyang a retardé pendant douze ans la construction d’un ultime tronçon terrestre pour finaliser l’ouvrage permettant des échanges commerciaux plus intenses entre les deux pays.
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LETTRE DE PÉKIN
Pour la Chine, championne des chantiers terminés en un temps record, la frustration a été à la hauteur de l’attente. Il aura fallu douze années après la fin de la construction d’un pont la reliant à la Corée du Nord pour que l’ouvrage soit enfin inauguré. Une histoire de méfiance tout autant que de financement, de paranoïa nord-coréenne quant à l’extérieur et du besoin malgré tout de l’autre, qui est celle de la relation ambivalente entre ces deux voisins.
Les premiers camions ont enfin pu franchir le pont à haubans, le 15 octobre, puis Kim Jong-un en personne a fait le déplacement, samedi 24 octobre, depuis Pyongyang. Empruntant le tablier de trois kilomètres, le dirigeant nord-coréen a retrouvé de l’autre côté de la frontière le numéro quatre du Parti communiste chinois, Wang Huning, avant de se rendre à un mémorial du soutien chinois durant la guerre de Corée (1950-1953) puis dans une usine de bus, et de repartir le jour même.
L’inauguration clôt enfin l’encombrant chapitre du « pont vers nulle part ». Pays le plus fermé au monde, la République populaire démocratique de Corée est bloquée au sud par la zone démilitarisée. Au nord, elle partage avec son premier partenaire commercial, la Chine, 1 400 kilomètres d’une frontière délimitée par deux fleuves, le Yalu et le Tumen. Elle n’a que 19 kilomètres de frontière avec la Russie, à l’extrémité orientale.
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Source: Le Monde · Harold Thibault
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