Le parquet européen a annoncé, vendredi 6 novembre, enquêter sur une éventuelle fraude dans l'utilisation de fonds européens destinés à la rénovation de la ligne ferroviaire à grande vitesse Madrid-Séville, sur laquelle un accident a fait 69 morts une semaine plus tôt.
Publié le : 06/11/2026 - 14:52
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Cette collision entre deux trains à grande vitesse, qui a bouleversé l'Espagne et la campagne des législatives anticipées du 29 novembre, est la deuxième catastrophe ferroviaire majeure survenue cette année sur la même ligne Madrid-Séville, après un autre accident en début d'année qui avait fait 46 morts. Le parquet européen avait ouvert une enquête similaire après cet accident, survenu le 18 janvier près de la localité andalouse d'Adamuz.
Cette fois-ci, une nouvelle enquête a été ouverte par le parquet européen et porte sur « une possible fraude affectant des fonds européens destinés à la rénovation et à l'amélioration de la sécurité, de la signalisation et des systèmes de communication » sur cette ligne, précise l'institution dans un communiqué. À cette fin, des « mesures d'enquête » sont menées auprès de l'Adif, l'entreprise publique chargée de la gestion des infrastructures ferroviaires espagnoles, ainsi qu'auprès d'autres organismes publics, ajoute-t-elle. De son côté, la Cour des comptes a confirmé que des agents de l'UCO (Unité centrale opérationnelle de la garde civile) se trouvaient vendredi matin « dans ses locaux à la demande du parquet européen à Madrid, dans le cadre d'une demande d'information ».
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Déjà une succession de démissions
Cette nouvelle enquête, centrée sur des aspects financiers, est distincte de celle ouverte par un tribunal espagnol afin d'établir les causes de l'accident. Selon les premiers éléments, la tragédie d'Urda a débuté avec une panne informatique qui a contraint plusieurs trains à s'arrêter. Une instruction erronée aurait ensuite été donnée depuis le centre de contrôle de Madrid, ordonnant à l'un des trains de reprendre sa marche à vitesse normale. Ce train aurait alors percuté un autre convoi immobilisé à une vitesse estimée entre 160 et 200 km/h, selon une première note d'information de l'autorité indépendante chargée d'enquêter sur ce type d'accidents.
Le ministre des Transports Oscar Puente, qui occupait également ce poste lors de l'accident d'Adamuz, a présenté sa démission mardi. « Un ministre des Transports d'un pays comme l'Espagne ne peut pas rester en fonction après deux accidents d'une telle gravité en moins d'un an », a déclaré Puente, considéré comme très proche du chef du gouvernement Pedro Sanchez, après plusieurs jours de forte pression politique. Le président de l'Adif, Luis Pedro Marco de la Peña, a quant à lui présenté sa démission le lendemain.
Pas la première crise dans le secteur des transports pour Pedro Sanchez
Après le départ de Puente, Pedro Sanchez a confié par intérim le portefeuille des Transports au ministre de l'Économie Carlos Cuerpo. Le dirigeant socialiste a alors réaffirmé sa volonté de travailler à « rétablir la normalité (du) réseau à grande vitesse », après avoir reconnu quelques jours plus tôt que ce second accident avait « brisé » la confiance.
Pedro Sanchez brigue sa réélection lors des élections législatives anticipées du 29 novembre, mais les sondages lui sont défavorables. Plusieurs des crises qui ont secoué son gouvernement depuis le début de la mandature concernent le puissant ministère des Transports. José Luis Ábalos, qui l'a dirigé entre 2018 et 2021, a été condamné en juin à 24 ans de prison pour plusieurs délits de corruption dans une affaire liée à l'achat de masques pendant la pandémie de Covid-19. « La corruption et la mauvaise gestion de Sánchez ont coûté des vies humaines », a accusé, vendredi 6 novembre, la secrétaire adjointe à la santé et à la politique sociale du Parti populaire (droite), Carmen Funez, après l'annonce de l'ouverture de cette nouvelle enquête par le parquet européen.
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Source: RFI · RFI avec AFP
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