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Analyse
Carole Dieterich
New Delhi, correspondance
La seule puissance nucléaire du monde musulman tente de ne pas se laisser entraîner dans la guerre entre l’Arabie saoudite et le Yémen. Islamabad affronte un dilemme, entre le respect de l’accord de défense mutuelle signé avec ses alliés saoudien et turc et la nécessité d’éviter un affrontement avec l’Iran.
Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min.
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Le conflit entre l’Arabie saoudite et les houthistes du Yémen, qui ne cesse de s’aggraver depuis juillet, constitue un premier test pour la solidité de l’accord de La Mecque, signé le 7 août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Pour Islamabad, il s’agit d’une mise à l’épreuve. La seule puissance nucléaire du monde musulman se retrouve dans une position d’équilibriste, tenue de respecter le pacte de défense mutuelle avec ses alliés, qui n’ont pas les mêmes ennemis qu’elle, sans se fâcher avec son voisin iranien, protecteur des houthistes.
Le « pacte de la Mecque » stipule qu’une agression contre l’un de ses pays sera désormais considérée comme une attaque contre les trois. Les alliés sont dos au mur, car les combattants houthistes se sont emparés d’une grande partie du littoral de la mer Rouge au Yémen, en septembre, et multiplient, depuis le début du mois d’octobre, les attaques visant l’Arabie saoudite, en particulier ses infrastructures pétrolières et aéroportuaires. L’escalade des hostilités a poussé Riyad, Ankara et Islamabad à déclencher la nouvelle clause de défense collective dès le 5 octobre.
Un grand flou entoure le texte, dont les termes n’ont été rendus publics qu’à la fin du mois d’octobre. Ils précisent néanmoins qu’il ne s’agit pas d’un accord offensif et ouvrent la voie à la production conjointe d’équipements de défense, au partage de renseignements et à l’interopérabilité des forces. « L’accord a beaucoup été comparé à l’accord de défense collective de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique Nord], mais c’est une erreur car, bien que l’accent soit mis sur la sécurité, le pacte tripartite tient compte des prérogatives de chaque pays, leur autorisant une marge de manœuvre. Il ne faut pas s’attendre à voir le Pakistan attaquer l’Iran », assure Ayesha Siddiqa, politologue au King’s College de Londres et spécialiste des militaires pakistanais.
Problème stratégique épineux
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Source: Le Monde · Carole Dieterich
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