Pour lutter contre de possibles opérations d’influence russe, le Monténégro et l’Albanie souhaitent obtenir le soutien de l’OTAN. (Image d’illustration) NICOLAS TUCAT / AFP

Alors que les deux pays des Balkans ambitionnent de rejoindre l’Union européenne et se préparent à de prochaines échéances électorales, Podgorica et Tirana redoutent une intensification des ingérences russes.

Passer la publicité Passer la publicité

«La Russie mène continuellement des campagnes d’information», alerte le ministre monténégrin de la Défense, Dragan Krapović, dans un entretien accordé à Politico . Les deux pays réclament l’envoi d’experts de l’OTAN, estimant que l’Alliance doit être «plus active dans l’identification des moyens de contrer les acteurs malveillants en ligne», comme l’affirmait Ermal Nufi, ministre de la Défense albanais à Politico.

Ce n’est pas la première fois que le Monténégro et l’Albanie demandent l’aide de l’OTAN, face au risque d’ingérence d’une puissance étrangère. En effet, plusieurs équipes de l’OTAN se sont rendues dans les deux pays. D’abord à Podgorica en 2019, puis à Tirana en 2022, alors que l’Albanie faisait face à une cyberattaque attribuée à l’Iran, qui avait paralysé les sites internet du gouvernement. Depuis, les actions de déstabilisation imputées à la Russie se sont multipliées dans la région, selon les autorités des deux pays.

Passer la publicité

En Albanie, le premier ministre Edi Rama a accusé la Russie et l’Iran d’attiser les manifestations anticorruption qui secouent le pays depuis mai. Le ministre albanais de la Défense a également mis en cause des «organisations indirectement liées à la Russie», affirmant avoir observé «leurs interactions en ligne». Des accusations qui doivent toutefois être prises avec précaution, Moscou et Téhéran ont tous deux démenti toute implication dans le mouvement de protestation.

À l’origine, la contestation portait sur un projet de complexe hôtelier de luxe lié à Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, présenté en 2024 dans une zone naturelle protégée. Depuis, le mouvement s’est amplifié et touche désormais d’autres catégories de la population, notamment les étudiants et les lycéens.

Une volonté affichée de rejoindre l’Union européenne

Au Monténégro, la police a arrêté le mois dernier Mikhaïl Zvinchuk, un blogueur militaire russe, soupçonné de diffuser la propagande du Kremlin. Le premier ministre Milojko Spajić avait également alerté dès la fin août sur de possibles opérations hybrides visant à déstabiliser le pays et à freiner son rapprochement avec l’Union européenne.

Pour lutter contre ces opérations d’influence, le Monténégro et l’Albanie souhaitent obtenir le soutien de l’OTAN. Les deux pays poursuivent également leur rapprochement avec l’Union européenne, qu’ils ambitionnent de rejoindre d’ici à la fin de la décennie. Dans son rapport annuel sur l’élargissement, présenté mercredi 4 novembre, la Commission européenne a fait le point sur leurs perspectives d’adhésion.

Le Monténégro a provisoirement clôturé 21 des 33 chapitres de négociation, ouvrant la voie à une possible signature du traité d’adhésion en juin 2027, sous réserve de l’accord des Vingt-Sept. L’Albanie, de son côté, pourrait achever ses négociations avec Bruxelles dès l’an prochain. La Commission appelle toutefois Tirana à poursuivre ses réformes judiciaires, à renforcer la lutte contre la corruption et à maintenir un dialogue politique inclusif.

Source: Le Figaro · Léo Guerbette

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira