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Chronique
Stéphane Foucart
Journaliste au service Planète
Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde » se penche sur une « note scientifique » faisant état de fortes préoccupations quant aux effets sanitaires et environnementaux de l’acétamipride. Celle-ci n’a pas été publiée et donc jamais portée à la connaissance des parlementaires chargés de voter la loi d’urgence agricole.
Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min.
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C’est dans une grande indifférence que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a été reconstitué, le 21 octobre, à la suite du renouvellement d’une partie du Sénat à la mi-septembre. Créé il y a un peu plus de quarante ans, l’OPECST est une délégation parlementaire qui rassemble dix-huit députés et dix-huit sénateurs, et dont la mission est « d’informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin, notamment, d’éclairer ses décisions », comme le dispose la loi du 8 juillet 1983 qui l’a institué.
Désormais placé sous la présidence du député de Vendée Pierre Henriet (Horizons), l’OPECST est dans une situation fort embarrassante : il y flotte le désagréable parfum d’un cadavre oublié dans ses placards depuis plusieurs mois. Ce cadavre, c’est la « note scientifique » sur l’acétamipride rédigée par le sénateur de la Moselle Michaël Weber (Parti socialiste) et le député de Haute-Saône Emeric Salmon (Rassemblement national).
Situation inédite, cette note a été rejetée par l’Office, le 30 avril, par six voix contre six. Ce bref rapport, que Le Monde a pu consulter, était fondé sur les auditions d’une vingtaine de scientifiques des organismes de recherche (CNRS, Inserm, Inrae, etc.) et de médecins. Il s’appuyait sur quelque 80 références puisées dans la littérature savante et faisait état de fortes préoccupations quant aux effets sanitaires et environnementaux de ce pesticide interdit en France, au centre du débat public.
« Apocalyptiques »
La note n’a pas été publiée et n’a donc pas été portée à la connaissance des parlementaires qui devaient s’exprimer, quelques semaines plus tard, sur la loi d’urgence agricole. Or, cette dernière prévoyait, justement, le retour possible de ce néonicotinoïde dans les champs – cette disposition de la loi a d’ailleurs été adoptée en juillet. La note méritait-elle d’être remisée au placard ? Tout porte à suspecter un revirement de dernière minute des parlementaires de droite et d’extrême droite.
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Source: Le Monde · Stéphane Foucart
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